jeudi 18 mai 2017

Les bons conseils de Monsieur le Curé… ................Épisode 63

André :
« - L’église aussi mon père, a je crois, eu au cours de son existence, beaucoup de sang sur les mains. »
Monsieur le Curé :
« - Je te l’accorde, l ’église le reconnaît. Des erreurs ont été commises au nom de dieu au cours des siècles. Chaque jour nous essayons de les réparer. Le Pape actuel se bat pour qu’elles ne se reproduisent plus, au moins chez nous, les Catholiques . Les communistes continuent aveuglément d’appliquer leur doctrine insupportable. Elle est indécente. Cette erreur les détruira, on ne tue pas les gens impunément aujourd’hui. 
Si tu acceptes les conditions que nous exigeons de toi en gage, nous te laisserons mettre un programme en place avec ton équipe mais nous l'avaliserons. Monsieur Malveau t’apportera également son soutien. Tu seras notre porte paroles dans un village à l’union retrouvée avec des obligations, des devoirs et des objectifs sociaux et économiques à réaliser.
André :
« - Merci, je suis convaincu, je serai présent lundi matin à cette réunion. Germaine portera mon accord dès cet après-midi au château.
Monsieur le Curé :
« - Bien André, ces choses me plaisent, retrouvons-nous dès lundi. »
André :
« - Non, mon père, nous nous voyons dimanche à la messe et vous déjeunez ensuite à la maison, ne l’oubliez pas.
Monsieur le Curé :
« - Bien sûr que non, mais je suis vieux et mon cerveau a de plus en plus de mal à se souvenir de tout. À mon âge c’est normal et je ne suis pas le seul malheureusement… Je vais te demander de me laisser, car demain, j’ai la visite de mon chef de diocèse et s’il me demande mes comptes, je veux qu’ils soient à jour, sinon je me ferai tirer les oreilles.
André :
« - Pas à votre âge mon Père, ils n’oseraient pas. Je vous souhaite une bonne journée, à dimanche. »André quitte le bureau du Curé très heureux de la tournure des évènements. Il doit donc démissionner rapidement de ses fonctions au parti. Il va envoyer une lettre à chacun des adhérents de sa cellule, à sa direction départementale et ensuite il dévoilera sa lettre dans l’Angérien pour que tous sachent la réalité de ses choix. Aujourd’hui je n’ai rien à perdre. Je me fâche avec le parti, mais je gagne beaucoup d’autres amis.
Il quitte la cure d’un pas alerte et ne pense même pas à aller saluer ses enfants. Pierrot l’aperçoit en tournant la tête, comme une silhouette furtive qui rase les murs. Tiens, il est venu se confesser, Monsieur le Curé a du avoir un sacré travail se dit-il.
A cet instant, Monsieur le Curé est sorti de son bureu et vient vers lui pour constater l’avancée du travail.
Pierrot :
« - Mon père est venu se confesser Monsieur Le curé, il va vous falloir une semaine entière ?
Monsieur le Curé :
« - Nous n’en sommes pas encore là, mais il a enfin compris quel était le chemin à suivre pour continuer le sien. Quelques moutons peuvent s’égarer du chemin de la foi, les meilleurs parfois, mais ils regagnent souvent la bergerie seuls 
Pierrot en se marrant avec Gros Sel:
« - Papa en mouton, c’est une première. »
 Comme il est midi, il sort un sac ou sa mère a préparé de quoi se sustenter et le partage avec Gros Sel avant d’aller disputer une partie de football entre les arbres de la place de l’église. Tout l’après-midi, ils continuent de remplir leurs poches de cadeaux, Monsieur le curé,  veut qu’elles soient terminées avant ce soir. Vers cinq heures, c’est chose faite et ils se retrouvent libres avant de rentrer chez eux.
N’ayant rien d’autre à faire, ils passent saluer le docteur Melchior et le papillon puis rentrent à la maison tranquillement.
Ce vendredi, le Procureur de Poitiers, arrive à la gare d’Austerlitz avec son dossier dans sa petite valise en cuir. Il est midi. Il saute dans un taxi et se rend  directement place royale. Il va déjeuner dans un excellent restaurant du quartier qu’il connaît bien. Il en profite pour relire une énième fois son dossier. Il espère bien repartir avec des pouvoirs territoriaux spéciaux.
À quatorze heures, il attend dans le petit salon de réception, juste à côté du bureau du chef de cabinet du ministre. Plus loin, une autre personne est assise et attend également. Un huissier introduit l’autre visiteur avant lui. Après une quinzaine de minutes, il est appelé à son tour. Après les salutations protocolaires d'usage, l’autre personnage lui est présenté.
Il s’agit d’un colonel responsable de service de sécurité de la DGSE. Déjà le procureur sent le vent du boulet au-dessus de sa tête. N’ayant aucun reproche à se faire, il se lance preuve à l’appui dans une explication en faisant la synthèse de son enquête. Le colonel écoute avec respect et demande à consulter les documents qu’il feuillette avec intérêt. À la fin de son monologue, le chef de cabinet le remercie de la précision de ses informations. Puis, il se tourne vers le colonel et lui demande :
Le chef de cabinet :
Mon colonel ce sont bien, les mêmes informations ?
Le colonel :
Monsieur le Directeur du cabinet :
« - Ce sont malheureusement pour monsieur le Procureur ce que nous savons. Le Comte de le Fenière travaille sous mandat de l’ONU, sur un dossier top secret. Personne ne peut l’approcher, il n’a pas l’autorisation de partager ses découvertes et ses recherches avec qui que se soit. Partout où il va, chaque pays doit lui porter assistance et protection.
Ce dossier que vous me présentez est un brûlot qui, s’il venait à être découvert pourrait vous conduire devant la cour de sûreté de l’état pour espionnage. Monsieur le Procureur, votre prudence vous a sauvé la tête.
Je vous conseille de brûler ce dossier, de l’oublier, de faire arrêter toutes les recherches de votre conservateur et nous allons envoyer la DGSE saisir toutes les pièces en sa possession et les remettre à monsieur le Comte de la Fenière. C’est un dossier qui ne dépend en France que du palais de l’Elysée.
Aujourd’hui, sa maison est protégée par des policiers en civil. Il en est de même dans chaque pays ou il séjourne. Ne jouez pas avec le feu et oubliez cette anecdote. »
Le Procureur imagine bien dans quel guêpier, il a failli se mettre. Le colonel se lève et prend aussitôt congé en saluant le chef de cabinet ainsi que le Procureur.
Dès qu’il est parti le Chef de Cabinet lui dit :
« - Vous avez bien fait de m’appeler. Nous avons eu chaud.»
Le Procureur :
« - Mais comment est-il au courant de ce dossier. »
Le Chef de cabinet :
« - C’est simple, dès que j’ai eu connaissance de votre dossier, j’ai pensé qu’il fallait se faire couvrir par nos services secrets. Le retour a été immédiat et sans appel. Trente minutes après, il était dans mon bureau. Oubliez cette affaire, même si je veux bien convenir qu’elle est incroyable. C’est aussi pourquoi, elle est aussi sensible et que les recherches ont été confiées au plus grand spécialiste mondial. »
Le Procureur prend congé et se retire immédiatement. Pour une fois qu’il avait décroché un vrai dossier… Enfin je suivrai cette histoire de loin se dit-il.
Dans l’après-midi, le laboratoire est envahi par les forces spéciales de la DGSE et tous les documents, photos, analyses sont saisies pour être remises au Comte de la Fenière
L’affaire est classée, et plus personne n’est autorisé à en parler publiquement. Le Conservateur est muté deux mois plus tard à l’autre bout de la France bénéficiant d’une promotion exceptionnelle et l’affaire se clos définitivement.
Le week-end se passe sans souci majeur. Le Réveil, ce dimanche est en déplacement et gagne encore pour le plaisir de ses supporters, ils ont 4 points d’avance. Le Président du club est aux anges et le fait savoir. Dimanche prochain, il y aura du monde au stade et sa cagnotte va grossir encore, pour le bonheur du trésorier qui voit la balance de ses comptes pencher enfin du bon côté.
À la messe du dimanche, André est aussi adulé que le  vieux curé. À la fin de l'office, toute la famille et Monsieur le Curé traversent le village à pied jusqu’à la ferme. Tout au long du chemin, tous s'empressent de venir les saluer. Comme la dernière fois, ils ont fait une station à la pâtisserie en attendant sagement leur tour.
À la maison, André dialogue longuement avec son confesseur, expliquant comment il a été embringué par son père et ses amis au retour de son service militaire. Il lui décrit les lavages de cerveau, l’embrigadement qu’il a subi sans s’en rendre compte et cette impossibilité d’en sortir. D’ailleurs, il craint le retour de bâton de ces anciens camarades à qui, il doit bientôt expliquer son choix.
À table, le vieux Curé se régale. Les femmes ont mis les petits plats dans les grands. Le vieux curé est gourmand et ne se prive pas de féliciter Germaine et la grand-mère pour la qualité de leur cuisine. Un peu avant l’heure des vèpres, André le raccompagne chez lui. Il est radieux et son bonheur, fait plaisir à voir.
Le lendemain matin, chacun vaque à ses occupations. Pierrot est pressé et bouscule son petit frère qui ne comprend rien à cette précipitation matinale. Tu comprendras tout à l’heure lui glisse t-il. À 8 heures 50, il est en attente devant la porte principale de l'école. Quand elle s’ouvre, il se précipite dans la classe  attendant que chacun soit rentré, et que le maître soit prêt.
Le maître :
« - Ouvrez vos cahiers. »
Pierrot lève la main
Le Maître :
« - Oui Pierrot. »
Pierrot :
« - Est-ce que je veux vous parler discrètement. »
Le maître :
« - Avance jusqu’à moi. »
Pierrot s’avance et explique au Maître que devant la porte de l’école, il y a quelqu’un avec les objets en photo dans le journal et le papillon.
Le maître le croyant à peine :
« - Tu en es sûr Pierrot ? 
Pierrot :
« - Vous n’avez qu’à vérifier, mais ne traînez pas, il pourrait repartir. »
Le maître :
« - J’y vais, je te confie la garde de la classe. »
Le maître saisit la clef et se dirige vers la porte d’entrée. Il l’ouvre et se retrouve devant un monsieur d’un certain âge, vêtu de noir des pieds à la tête qui porte une cage recouverte d’un tissu de velours noir et d’une petite valise.
Le maître :
« - Vous venez de la part de Pierrot ? »
Le Professeur :
« - C’est exact Monsieur, vous êtes son Maître. »
Le maître :
« - Je ne sais pas si je le suis vraiment, mais j’essaie.
Le Professeur sa carte à la main :
« - Je peux entrer, voici ma carte.  
Le maître en lisant la carte :
« - Bien sûr Monsieur. Je peux vous aider. »
Le Professeur :
« - Prenez la cage, mais attention, n’enlevez pas sa protection, le papillon pourrait avoir peur.
Le maître :
« - Suivez moi s'il vous plaît, jusque dans la classe ! »
Le maître referme la porte à clef, et retourne vers sa classe, suivi de Professeur. Il place une table de chaque côté du bureau. La cage, toujours recouverte d’un tissu de velours noir est placée au milieu du bureau, la valise est ouverte. Le Professeur retire les os, les bols, les pierres taillées et la dent ainsi que le linceul noir de la cage. Le papillon apparaît majestueux et comme une star, il profite de la lumière pour montrer son extrême beauté. Le maître et les élèves sont suffoqués par sa grâce et le font savoir en choeur par un OH éloquent...
Pierrot a regagné sa place, il a reconnu le professeur de la Fenière.
Les choses sont bien en place et chacun attend avec impatience de pouvoir s’en approcher. 
Le Maître aux élèves:
« - Chacun de vous va bien regarder ses objets et ensuite vous les reproduirez en dessin cet après-midi, donc regardez-les biens. Puis, s’adressant au Professeur:
Le maître:
"-  M’autorisez vous à prendre quelques photos ? »
Le Professeur :
« - Oui Maître mais pas d’éclairs, il risquerait de prendre peur et de se blesser. »
Le Professeur :
« - Si vous le permettez Maître, en tant que paléontologue, je peux faire un cours aux enfants. »
Le Maître :
« - Je n’aurai jamais osé vous le demander Professeur. Je peux brancher mon magnétophone ?»
Le Professeur:
"- Mais vous êtes ici chez vous, faites donc !
Bien les enfants, je me présente, je suis le Professeur Richard D’Alembert de la Fenière,   je suis en retraite et j’ai passé ma vie à faire des recherches sur l’art préhistorique. Suite à la demande de vos petits copains, nous avons décidé que je viendrais vous présenter ces objets dans seul but, de vous apprendre les secrets de la préhistoire, à condition que votre maître accepte cette intrusion dans ses cours.
Le maître :
« - Je vous en prie Professeur, je suis votre obligé… »
Le Professeur :
« - Votre Maître suit un programme qui lui est imposé, donc vous survolez ces sujets mais, si vous continuez de brillantes études, vous apprendrez par le détail, ce monde magnifique qui a défini et construit les bases de notre civilisation actuelle.
Aujourd’hui devant vous, il y a un papillon dont l’âge approche les 75000 ans. Comment a-t-il survécu, nous ne le savons pas encore, mais il provoque de grandes convoitises et nous devons être très prudents. Vous comprendrez donc les précautions que nous devons prendre. Pris de court maître, je n’ai pas eu le temps de préparer un texte donnant les détails que nous avons sur cette espèce de papillon, mais je vous l’enverrai.
En ce qui concerne les ossements se sont ceux d’un jeune dinosaure de 35 tonnes. Je peux vous certifier qu’il s’agit d’un Tyrannosaurus
Nous avons sa dent, c’est une canine et plusieurs os de différentes grosseurs. Ce sont des carnassiers, des bêtes dangereuses qui ont disparu à la fin de l’époque glaciaire, il y a 75000000 d’années.
 Ils avaient un corps énorme, deux bras peu développés par apport au reste de leur corps avec au bout des sortes de mains aux griffes très puissantes servant à agripper leurs proies. Leurs têtes étaient petites et leurs cerveaux peu développés. De ce fait, nous pensons qu’ils n’étaient pas très intelligents. Il n’y avait pas assez de place pour que les cerveaux se développent,mais ils n'étaient pas idiots non plus.
Ce ne sont que des suppositions, vu leur âge nous ne savons pas grand chose sur eux et c’est la raison qui m’a poussé à reprendre du service. Je vais d’ailleurs organiser une nouvelle expédition de recherches bientôt.
Par compte, ils avaient une dentition conséquente avec des dents nombreuses de  vingt centimètres de longs, regardez celle-ci, sa longueur, son diamètre, sa forme. C’est le seul animal à en posséder autant et d'aussi grosses. Certaines avaient l’extrémité supérieure en la forme d’une couronne épaisse agissant comme une presse pour écraser les aliments ou les membres de leur adversaire dans un combat
Celui-ci par exemple a livré un combat avant de mourir et a mordu son énemi avant de succomber. Il reste, collé à la dent des fraguements de peau différents des siens.
Le reste de leurs corps se composait d’une très longue queue qui était aussi une arme redoutable pour leurs ennemis. Deux pattes puissantes supportaient le reste du corps, Elles avaient à la base, deux pieds composés de trois gros ergots sur le devant et derrière, un autre plus petit, mais d’ailleurs inutile. Vous remarquerez la fraîcheur de la conservation de ces restes, qui sont uniques au monde. 
Le Professeur pendant une heure explique les choses et répond aux questions des enfants qui se sont lâchés rapidement.
Le maître a utilisé ses soixante-douze poses de son appareil photo. . Il a enregistré toute la conférence avec son petit magnétophone de poche. Il est satisfait de l’excellente qualité des informations dispensées par le Professeur avec justesse, toutes ont été mises au niveau de leur compréhension.
Chaque chose est expliquée par le détail, et tous les enfants ne désirent plus qu'une chose, dès la fin des cours, oublier la chasse aux papillons, pour aller chercher des restes de dinosaures. 
Leur grande plus grande surprise est de découvrir qu’il existait une centaine d’espèces différentes. Il y avait des omnivores, des carnivores et des herbivores. Mais, d'apprendre que la poule est une descendante directe d’une de ces espèces, les  trouble singulièrement.
Le maître est ému de cette rencontre, qu’il n’aurait jamais osé imaginer même en rêve. La dernière demi-heure est consacrée à l’information des petites classes. Seuls les maîtres posent cette fois des questions, auxquelles répond le Professeur  avec beaucoup de grâce et une grande courtoisie. Chacun d’eux, prend aussi quelques photos.
À onze heures, le Professeur  se retire. Son chauffeur vient garer sa voiture devant l’école. La cage est chargée ainsi que la valise et elle prend la route qui les conduira directement à la gare.
Le maître remercie Pierrot, de ce qu’il vient faire pour l’école. Il  lui demande comment il est deveu l'ami de cet homme, si parfait, si érudit, d’une si grande compétence scientifique, qui aura consacré sa vie à la recherche.

Il laisse jusqu’à midi, aux enfants pour terminer leur travail. En fin de matinée, il décide de repousser les dernières compositions au lendemain et que cet après-midi, ils parleront de ce qu’ils ont vu et entendu ce matin. Ils vont faire des recherches sur ce papillon surprenant qui est venu jusqu’à eux après un aussi long voyage et essayer de décorer la classe de dessins, sur ce qu'ils ont vu et appris ce matin

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