mardi 3 février 2009

Histoire du Poivre et des Epices


Première partie



Le Poivre :



Le poivre se raconte comme une belle histoire, car sa conquête a accompagné quelques une des plus incroyables aventure de l’humanité . Enjeu commercial, il était l’objet de grandes tentations qui ont entraîné les hommes dans de grandes expéditions et des guerres meurtrières.



D’une forte valeur marchande pour un poids modeste, le poivre a représenté l’un des grands moteurs de l’essor commercial du monde. La magnificiance des riches s’appréciait d’ailleurs aux réserves de poivre constituées en raison de l’incertitude de l’approvisionnement des marchés.

Cette épice servait de monnaie d’échange 
Elle constituait une dot, réglait les impots ou payait les loyers. Dans un procès, les plaideurs tentaient d’influencer les juges en leur faveur, par des dons de poivre ou d'épices. Pour plaider, il vous faudra de l’argent…pour les conclusions…et les plaidoieries des avocats…pour les rapports de substituts des épices .... écrit Molière dans les fourberies de Scapin.
eries de Scapin...
De l’Indoustan, le poivre traverse le monde Persan, vers le IV siècle avant notre ère, pour arriver dans les cités grecques. La quête du poivre était l’un des objectifs de la conquête d’Alexandre le grand. Le poivre de l’Inde parvenait à Jérusalem au temps de Salomon et a enrichi pendant des siècles les villes phéniciennes de Tyr et de Sidon.
Le Roi Salomon...
Pline naturaliste et écrivain du premier siècle après JC a décrit le chemin long et compliqué de ce négoce oriental .
Pline l'ancien
Il allait par la mer de l’Inde au port de Bérénice, sur le golfe arabique,ensuite par terre et par chameaux jusqu’à Copos sur le nil, enfin par navigation sur le fleuve jusqu’à Alexandrie, richissime entrepôt et centre intellectuel de renommée mondiale.
En l’an 410, Alaric, Roi de wisigoths, dit à Rome qu’il allait investir et piller, parmi d’autres richesses 3000 livres de poivre. La renommée de ces épices s’étendit ensuite vers l’Italie. L’empire romain dont les limites s’étendront progressivement

Molière dans les fourberies de Scapin.

Il me redemandait sans cesse des épices , et j’ai couru dans toutes les officines pour chercher la boite aux épices.. écrit Racine dans les Plaideurs.
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Racine dans les Plaideurs…
Un rôle essentiel de notre histoire : d’un bout à l’autre de la Méditerranée, on appréciait le poivre.


Au VI ème siècle, le prophète Mahomet issu de la tribu marchande des Quoraîchites tira avantage de ces courants d’échanges commerciaux, où les épices tenaient une large part, pour propager son message.

Elles étaient d’autant plus appréciées qu’elles favorisaient le commerce, satisfaisaient aux plaisirs alimentaires et rentraient dans les pharmacopées dispensées par les médecins arabes.


La fin d’un monopole :
Au XI ème siècle, les italiens acheminaient le poivre par la mer méditerranée, puis passant les Alpes, il négociaient leurs marchandises dans les foires de Lyon ou de Champagne ce qui permettait une large redistribution sur toute l’Europe du nord.


Marseille bénéficie de ce commerce juteux, en tirant le meilleur profit du monopole que les vénitiens partagent avec leurs fournisseurs arabes venus d’Alexandrie. La maitrise du commerce et de l’approvisionnement des épices devient alors un objectif essentiel pour les Portugais et les Espagnols.

Le vieux port de Marseille

Un atout médicinal :
Les connaissances médicinales héritées des civilisations les plus anciennes sont étudiées par le médecin philosophe arabe Avicenne dès le XI ème siècle.
Au temps de Charlemagne, les corps des chevaliers morts de Ronceveaux, comme plus tard celui de Saint-Louis seront conservés grâce à un mélange d’épices.

Charlemagne en l'An 800

" ben sut lavez de piment et de vin " Le piment est ici un vin miellé et épicé au poivre, à la cannelle et aux clous de girofle.

Roland à Ronceveaux

Des universités de médecins sont créées par les papes à Bologne, à Padoue et à Montpellier .
On y prépare des baumes contre la douleur à base de poivre.


Le Moyen Age :
Au XVI ème siècle la haute société d’occident raffole de la graine du poivre. C’est l’âge d’or de la cuisine épicée.


Cette cuisine nécessite une provision importante d’épices ainsi que le montre l’inventaire de Jeanne d’Evreux veuve du Roi Charles IV le bel et réalisé en 1372.


6 livres de poivre
23 livres et demi de gingembre
13 livres et demi de cannelle
5 livres de graines de paradis
3 livres et demi de girofle
Etc…

Le Comte Guillaume de Limoges a dans son cellier des tas de poivre amoncelés comme des glands pour les porcs où un officier remplit un panier à la pelle pour les besoins de la cuisine.
Tous les plats au Moyen age contenaient une grande quantité d’épices. On peut alors se demander comment ces gens pouvaient en absorber autant à la fois.


On peut aussi penser que les épices permettaient de camoufler certaines odeurs des produits carnés car à cette époque les moyens de conservation étaient inexistants ou presque sauf l’hiver.


D’un autre côté ces mélanges éliminent aussi les saveurs particulières .


Tout les aliments devaient donc avoir de très fortes saveurs.


Vinaigrié et Moutardié au Moyen âge

La course au poivre.

Dès le XV ième siècle, la course au poivre et aux épices a conduit à reconnaitre les côtes africaines, établir la route des Indes et des épices et de découvrir l’Amérique.


En 1497, Vasco de Gama franchit le Cap de bonne Espérance à la pointe sud de l'Afrique et débarque en Inde en 1498. Des commercants arabes lui demande. .. Mais comment diable est tu venu ici..." Nous cherchons des épices et des chrétiens" fut sa seule réponse. Dès ce jour le monopole Arabe et Vénitien s' effondrera très rapidement.


Diversification des origines.


Petit a petit la valeur économique du poivre s'affaiblit avec la multiplication des sites de culture.

 

Pierre Poivre botaniste et navigateur français du XVII ième siècle réussit a transplanter des poivriers à l ile Maurice puis dans les différents empires coloniaux

Pierre August Poivre

A suivre... P.Marchesseau

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