vendredi 27 février 2015

La Symbolique du porc



Mieux connaître le porc. 
Voilà une image qui commente une fausse idée qui se doit d'être interprétée. Le meilleur porc est celui qui est bien gras. Mais, pas n'importe qu'elle graisse. N'oublions pas que la bonne graisse est nécessaire à l'homme. C'est elle qui véhicule le bon goût et protège le maigre des agressions en le nourrissant de ses propres qualités organoleptiques et c'est aussi valable pour tous les autres animaux. Donc on aurait pu lire sur ce tableau le mauvais gras est l'ennemi du cochon et... cochon qui s'en dédie.

Mis à part les sino-vitnamiens qui font du porc un symbole de prospérité et d'abondance, en raison de ses rondeurs et de sa fécondité, les peuples attachent à cet animal, dont pourtant ils se nourrissent, une bien triste réputation.



Il représente d'abord la goinfrerie. Si sa gueule est un gouffre qui englouti tout. Ne dit t'on pas que les policiers en Corse à la recherche d'un disparu vont en priorité dans les porcheries de fermes. Le porc mange tout et il ne reste rien sauf les dents et c'est la seule façon de confondre les tueurs. Les porcs sont radiograpiés et on a parfois trouvé des dents dans leur estomac qui ont conduit les enquêteurs vers les assassins. IL est également l'évocation de tendances obscures que notre éducation s'efforce de combattre en nous, la gourmandise, la luxure, l'égoïsme et l'ignorance évoqué dans la parabole évangélique des perles jetées aux pourceaux, "magaritas ante porcos" bonnes paroles gaspillées en pure perte car adressées à ceux qui ne sont ni capable, ni digne d'en tirer profit.

Porcs noirs gascon en liberté
D'autre part, la saleté proverbiale du porc est pour beaucoup dans l'anathème jeté contre lui par les peuples sémites.
Enfin, le porc fournissait la viande la plus consommée par les peuples, de l'antiquité au XIX siècle, une viande grasse. Mangé de la viande s'interprétait donc comme manger gras, mais attention , l'église veillait toute nourriture carnée donc grasse était prohibée durant le carême. En cas de désobéissance, les contrevenants prenaient le risque d'être excommunié.

Le mercredi des Cendres était le jour de grand récurage pour les ménagères languedociennes qui devaient enlever la moindre trace de graisse dans le fond des poêles, des marmites et des casseroles, et toutes les femmes se retrouvaient au bord de la rivière pour récurer au sable leurs ustentiles de cuisine. Autrefois la seule nourriture permise était celle du pain et de l'eau.
En Picardie, passer du saindoux à l'huile ne faisait guère rire les gens ainsi une petite chanson essayait de remonter leur moral.

Saint Panchard n'a point soupé
Donne-z-yeune crout d'pâté
Taillez haut, taillez bas
Ch'est a son cul qu'ch'tient l'plus gras...


Mais quid de la saucisse et du saucisson !!!
Les saucisses et les saucissons sont fait de viandes hachées plus ou moins finement et dont on bourre des boyaux qui sont malheureusement de plus en plus souvent synthétiques. la chine est le plus grand exportateur de boyaux naturels. Nos saucissons, nos saucisses et nos boudins ont donc tous un peu de chinois dans leur composition et pas des moindres.


Cette charcuterie n'est pas forcément pur porc, elle parfois le produit de mélanges ou ne contient que du boeuf ou du mouton surtout en ce qui concerne les charcuteries Arabes ou juives.


Plat de merguez au mouton
Ce plat de merguez au mouton est dans les grandes traditions du Magreb et accompagne le célibrissime couscous de semoule fine tant prisé de tous qui a depuis bien longtemps détrôné notre pas moins célèbre steak frites.


Le Saucisson sec:
Il est d'autant plus meilleur qu'il sera de façon artisanale. on le reconnait à son aspect grossier. C'est un hachage de viandes crues et lards coupés au couteau plus ou moins finement, et introduction dans les boyaux qui viennent du gros intestin en général. On appelle cette action l'embossage qui peut se faire ou à la main ou avec une machine à embosser.
N'oublions pas ni le sel ni le poivre, obligatoirement en grains et qui peut être du poivre vert. Le sel utilisé peut être ou blanc ou rose. Il existe des saucissons aux olives, champignons sylvestres, noix, amandes, noisettes et différents condiments exotiques...Le goût du saucisson de porc est préféré par les amateurs, mais sa valeur énergétique alimentaire n'est pas forcément supérieur à celle du mélange porc et boeuf.

Saucisson sec au sel de Guérande
Le saucisson sec ordinaire permet d'utiliser des viandes d'une qualité plus qu'ordinaire et fait appel aux additifs les plus variés mais certainement pas les meilleurs. Le saucisson Justin Bridoux en est la preuve irréfutable...Quelle déception et bon dernier de la classe.
Pour moi, c'est tout sauf un saucisson surtout sur le plan de la nutrition et de ce qu'il devrait être

Le saucisson vendu à la coupe ne spécifie pas sa composition, alors que celle ci est annoncé sur les présentations préemballées.

On y trouve: des sels divers de conservation, nitrites et nitrates, E 250, E252, sucres, colorants, anti-oxydants, monoglutamate pour relever le goût, polyphosphates E 450 pour gélifier, lacto fermants et j'en passe et des meilleurs.... bon appétît.....

La peau du saucisson après badigeonnage de gélifiant peut être recouverte d'herbes de provence de poivre concassé, de cendres...Le prix s'en ressent.

Ne pas se fier uniquement à l'emballage qui coûte moins cher
qu'une bonne fabrication manuelle.
Alors, Attention à vos achats....

Le Saucisson Artisanal.
De taille moyenne, purc porc coupé au couteau ne se mange pas trop sec. L'avantage de la coupe au couteau par rapport à la cutter qui tourne à 30000 tours minutes c'est qu'il n'y a pas de phénomène de force centrifuge qui entraîne les jus et les colle sur les parois , asséchant la masse de chair de plus de 80 %. C'est beaucoup plus cher en façonnage au couteau car l'opération est manuelle mais c'est nettement meilleur.


La Rosette.
Pur porc, de grande taille, ficelée en principe en haché gros. Elle est d'origine lyonnaise et on dit en principe la Rosette de Lyon.

Le Jésus.
Pur porc, haché finement, d'un diamètre très large, il est fait dans un boyau venant de l'extrémité du gros intestin. Peut être recouvert de poivre mais ce n'est pas traditionnnel.


Le Saucisson d'Arles.
De taille moyenne, c'est un mélange de boeuf et de porc très gras. A l'origine , il se faisait avec de l'âne et du boeuf. Sur place, certains charcutiers le fabriquent avec de la viande de taureau mélangée avec du porc gras. Cette spécialité locale ne se déguste que sur place.
Le Saucisson chasseur.
C'est le même saucisson que le précédent mais il est de petite taille.
Le Salami.
D'origine Italienne, de grande taille, c'est un hachis très fin coloré et fumé fait d'un mélange de porc et de boeuf. Le salami est rarement de grande qualité sauf quand il est fabriqué manuellement par des artisants charcutiers locaux.
Le Saucisson de montagne.
C'est une dénomination qui ne signifie rien et qui couvre les saucissons dit de ménage et surtout permet de le vendre beaucoup plus cher. Mais pourquoi ???


La Saucisse sèche.
Viande pure porc. Dite souvent d'auvergne, très mince, c'est un bourrage par embossage des boyaux l'intestin grèle donc plus petit. Elle est très sèche, toute fraiche elle a été retournée au départ en forme d'épingle à nourrice. Le hachage est grossier et manuel et la viande est exclusivement de porc.
Le Saucisson de Lyon.
Il est fait comme la Rosette ,mais il est de grosse taille et petit, il est fait pur porc mais il existe aussi avec du boeuf finement haché mélangé avec des lardons coupés en carrés d'un cm. Ne pas confondre avec le cervelas de Lyon qui est un saucisson cru et qui demande une longue cuisson douce.
Le Lonzo de corse ou Lonzu.
Saucisson artisanal et souvent fait dans les fermes ou à la maison dans les villages de la montagne corse. Se sont des filets de porc non hachés, salés pendant huit jours, fumés et enfilés dans de gros boyaux. La charcuterie de corse qui passe pour une des meilleurs du monde souffre depuis bien longtemps de ne plus avoir de porcs comestibles. Heureusement ils peuvent utliser aujourd'hui un porc cousin du leur qui n'utilise pas ses avants. Il est facilement vérifiable aujourd'hui qu'une majorité de charcuterie commerciale corse est fabriquée avec du porc noir gascon.
Le saucisson cuit ou saucisson à l'ail.

Saucissons à l'ail bretonsD'origine bretonne est un mélange très fin de porc et de boeuf légèrement fumé additionné de fécule ( amylacés), cuit à l'ail, le boyau est souvent une fausse peau de plastique alimentaire.

Le saucisson existe aussi sous d'autres nominations bien spécifiques:
Le cervelas.


Cervelas frais prêts à cuire
Au temps de Rabelais le cervelas fut un saucisson cuit, milanais à base de viande et de cervelle de porc hachés très finement. Aujourd'hui la recette a évolué. C'est devenu du porc et du boeuf coloré à la cochenille, haché finement additionné de fécule (amylacé) et embossé dans un plastique alimentaire coloré. Il se mange en salade...
Le Cervelas de Lyon.
A ne pas confondre avec le saucisson de lyon. Il se vend cru et doit être poché pour être consommer. Il ne renferme que du pur porc haché très finement. Il contient des truffes ou des pistaches.
La Mortadelle.
Elle fut au temps de Rabelais une charcuterie italienne renfermant une farce à base des baies de myrtes."morta en dialecte italien". C'est toujours une spécialité italienne , qui se présente maintenant dans un très gros boyau synthétique ou plastique. La pâte très fine, très colorée contient du porc, du veau, beaucoup de poudre de lait et des féculents. On y trouve de gros dés de lard et souvent des morceaux de fèves de pistache.

Les saucisses.
Saucisses fraîches
Chaque région de France ou d'Europe possède sa ou ses spécialités.
Pas forcément pur porc les saucisses juives et Arabes font appel au boeuf et au veau, mais certaines spécialités comme la merguez font appel à la viande de mouton.

Comme le saucisson les saucisses se composent d'un hachis de viandes de porc. le hachis le plus connu en France est la chair à saucisses qui est la plus naturelle. Elle est constituée de porc et de 40 % de bon gras. Plus le hachis est fin, plus on doit faire appel des appels à des additifs du même ordre que pour le saucisson pour les sophistiquer. L'acide ascorbique ou sel rose permet par exemple à la chair de ne pas viré au gris. La grande différence c'est que le saucisson est sec et lla saucisse est fraîche.

Les principales saucisses crues sont:
A griller
A poêler
A pocher
A la vapeur
A braiser.

La Crépinette.
Crépinettes de porc

C'est une chair à saucisse qui peut être aromatisée aux herbes, aux truffes, aux olives, aux condiments, aux oignons doux. Elle est enroulée dans une crépine qui est la membrane du péritoine du porc. Elle est ensuite aplatie à la main.
Au XIII ième, les charcutiers se livrèrent à une telle débauche d'imagination qu'il fallut que les autorités interdisent de mettre autres choses que du sel du fenouil et autres bonnes épices.
Les Chipolatas.
D'origine italienne les chipolatas étaient préparées avec des oignons les"chipollas" aujourd'hui les boyaux synthétique ont du mal à tenir une bonne cuisson. La chipolata a une composition identique que les crépinettes qui peut varier selon le talent du charcutier.
La Saucisse de Toulouse.
Saucisse de Toulouse

Elle est composée d'une chair finement hachée, normalement coupée au couteau. Elle est d'un calibre plus gros que ses congénères. Elle est aussi la base du cassoulet toulousain.

Les Saucisses de Bretagne, de Savoie ou de Montbélliard.
La saucisse de Savoie

Elles ont exactement la même composition que la saucisse de Toulouse sauf qu'elle sont plus salées et sont légèrement séchées et fumées avant commercialisation.
La Saucisse de Morteau.
La saucisse de Morteau est fabriquée de façon artisanale dans les fruitières du Jura, souvent en altitude. Il existe aussi quelques versions en semi industriel mais sans intérets gustatifs. La saucisse est fermée par une pique en bois. Elle est crue donc se poche dans un jus de cuisson et accompagne des légumes cuits tout doucement pendant de très longues minutes dans des marmites en terre.

Les Saucisses de Strasbourg et de Francfort.
Se sont souvent de la demi conserve. Elle sont faites d'une pâte fine et crue de boeuf et de porc. La francfort est légèrement fumée et beaucoup plus grosse. Les deux sont commercialisées dans des boyaux fins et synthétiques. Le colorant de la saucisse de Strasbourg est rouge, et jaune pour celle de Francfort. Elles se présentent toujours par paires.

Le triomphe des additifs.C'est le triomphe des additifs, les moins mauvais étant, la fécule, les proptéïnes de soja, la poudre de lait. Le porc ne peut être parfois représenté que par de la couenne presque pulvérisée.

Le Chorizo.
Il y a autant de chorizo qu'il y a de charcutiers en Espagne. Chacun sa recette. mais au-delà c'est le chorizo industriel qui domine. Véritable laboratoire de produits chimiques ou le porc est souvent qu'une vague illusion.Choisissez donc plutôt l'artisanal...

Chorizo court artisanal 
C'est une spécialité espagnole très relevée à base de paprika qui lui donne sa couleur rouge et de piment. Il peut être pur porc ou porc et boeuf. Il se poêle ou se mange cru car il est légèrement séché. On le retrouve aussi souvent dans les paellas.

La saucisse Gendarme.
Saucisses gendarme
La obtenue est de section carrée otenue par un pressage des chairs de boeuf qui auront été hachées finement, très fumées et très poivrées.


Les figatelli ou Figatellu
Figatellu spécial Corse
Spécialité corse à ne pas confondre avec les gendarmes. Leur nom vient de la composition de la farce qui est à base de foie de porc. Très salée et très poivrée, elle est hachée finement et embossée manuellement dans un fin boyau naturel de l'intestin grêle. Elles sont fumées ensuite pendant 4 ou cinq jours puis suspendues pour séchage dans un lieu aéré pendant deux jours. A la fin de la semaine elles peuvent se consommer rôties ou grillées. Pour les plus patients elles peuvent se manger crues un mois plus tard.

Attention la conservation de produits à base de foie de porc peut après un mois provoquer des intoxications alimentaires donc il est nécessaire de bien connaître l'origine sérieuse et sous hygiène de la fabrication. Les figatili fabriquées hors de Corse ne sont pas bonnes à consommer, d'ailleurs elles en ont que le nom.


Bonne lecture et Bon appétit

jeudi 26 février 2015

La symbolique du miel



Une vraie richesse symbolique s'attache au miel. Il est impossible d'en raconter l'histoire concrête sans faire allusion à tout se qu'il représente dans la pensée des hommes. Les traditions légendaires expliquent les coutumes qui l'entourent et auxquelles il participe.

La façon dont on s'est autrefois comporté avec les abeilles, dont on récoltait le miel que l'on consommait avait le caractère des prescriptions religieuses. Si nous en avons perdu la signification, il en reste une conscience qui implique le respect, comme si les abeilles continuaient à remplir leur rôle initiatique et liturgique. A Ephèse et à Eleusis, les prêtresses portaient le nom d'abeilles.
En hébreu, abeile se dit dbure, de la racine dbr qui signifie parole et qui donna le joli prénom de Déborah, indiquant bien la mission de l'insecte doré: révéler le verbe, la parole  divine, la vérité.


Le miel, miraculeusement produit par les abeilles, est vérité car il n'a besoin d'aucune manipulation après la récolte, d'aucune transformation. Il est inaltérable et jusqu'à du sucre inimitable. Qui d'autre que l'abeille peut créer le miel après s'être penché sur le coeur des fleurs du bon dieu ou des dieux ce qui reste la même chose.

Cette vérité est le message d'en haut, le message est transmis par les abeilles par leur miel pour que ceux qui ont été choisis les expriment par leur intelligence, leur poésie. Aussi se posèrent t'elles sur les lèvres de ces enfants qui devinrent Platon, Pindare ou Saint-Antoine de Milan le bien nommé. Même si l'on espère pas faire un génie de chaque nouveau né, du moins veut-on qu'il soit heureux.

C'est d'ailleurs toujours ce que pensent les matrones de Côte d'Ivoire ou du Sénégal qui frottent au miel les lèvres des nouveaux nés après qu'il ait jeté avec son premier cri sa colère d'être né.

Ce baptême faisait déjà partie des usages achéens et germains, un usage venu des steppes primordiales. Une coutume des pays de l'est, fait encore verser dans la paume des nouveaux époux une cuillèrée de miel qu'il doivent lécher mutuellement avant de prendre en commun toute autre nourriture..


Ainsi dit-on le mari ne lèvera jamais la main sur sa femme sauf pour la caresser, la femme n'aura sur les lèvres que des mots d'amour...et pas seulement pour la durée de la lune de ... miel.

Lors des mystères d'Eleusis ou chez les sectataires de Mithra, au moment de l'initiation, les Mystes se lavaient les pieds et la langue au miel. Ils se purifiaient du mal et le bien leur était révélé. Quand aux égyptiens, pour les fêtes de Thot, ils mangeaient du miel en disant douce est la vérité.


Aliment parfait et de la couleur la plus sacrée, jaune d'or, le miel est pour les Veldas un dieu, comme pour la tradition gréco-latine, un nourriture divine:

- "Au temps de l'age d'or, disent les Orphiques, le miel coulait tout simplement des chênes et Kronos dormait, ivre de miel. Ce fut le premier sommeil du monde, lorsque Zeus son fils, l'enchaîna et l'emporta là ou le vieux dieu et avec lui l'âge d'or se trouve encore, à la limite de la terre sur l'île des bienheureux."

Cela implique que le miel, aliment premier, date de la création, qu'il existait avant même que les abeilles ne nous le transmettent.
Cet aliment premier devait être celui des premiers des dieux ou bien que des légendes grecques situent l'enfance de Zeus, sur le Mont Lycée, sur le Mont Ida, en Crête..., bien caché par sa mère Rhéa, les abeilles nourrirent le futur Maître du monde de leur miel qu'accompagnait du lait de chèvre.



Les Crétois prétendent qu'Amalthée et Mélissa étaient en vérité des princesses, filles du roi Mélissée, et qu'elles se partagèrent les soins du bébé divin, l'une avec le lait de ses chèvres, l'autre avec le miel de ses abeilles. Mélissa signifie celle-qui-fait-le-miel. On parle ausi d'une caverne sacrée, territoire d'immortalité car le temps y était aboli et où veillaient des abeilles ardentes.

Rhéa y enfanta Zeus, l'abandonnant aussitôt à la garde des insectes. Mais quatre audacieux guerriers, revêtus d'armures d'airain par précaution, pénétrèrent dans la caverne pour y dérober du miel encore interdit aux humains.




Ils allaient emporter leur récolte sacrilège lorsque le nouveau-né vagit. En l'apercevant au milieu des langes ensanglantés, les intrus eurent si peurs que l'armure leur en tomba. Les abeilles se ruèrent sur eux. Or nul ne pouvait mourir ici, surtout après avoir touché le miel.

Pour que l'ordre des choses soit maintenu, Zeus préserva les voleurs d'être o par le venin, en les changeant en oiseaux qui s'enfuirent à tire d'aile. En remerciement de leur dévouement, le dieu donna aux abeilles les armures de bronze qui dissimulèrent désormais leur être de feu. Et, il ajouta, car ce nouveau-né parlait bien, que leur courage resterait proverbial.

Mais quel était l'origine des abeilles ?
Pour le popol Vuh, la tradition sacrée Maya, l'abeille est née de la ruche universelle, au centre de la terre. Pareille aux étincelles des volcans, dorée si on la voit, brûlante si on la touche, elle a été envoyé ici pour éveiller l'homme de la torpeur se son néant, de son ignorance, c'est ce qu'exprime en somme les rustiques contes amazoniens du miel et de l'hydromel.

Universellement on retrouve associé au miel et aux abeilles le feu techtonien générateur, et l'antre, le souterrain, la grotte ou l'arbre creux qui font partie du système symbolique féminin bien en harmonie avec les mythes agricoles. Proserpine, la Déesse latine du printemps fleuri, de ce printemps fleuri qui revoit chaque année les abeilles butiner, n'est-elle pas aussi la Reine des enfers ?


Son surnom n'est-il pas Mellita? Q'ailleurs, c'est avec du miel que les romains apaisaient le dieu des profondeurs pour qu'il ne se réveille point sous la forme d'un serpent de feu, la lave des volcans.
A Pompéï, on ne dut point assez faire oblation de miel.


Ovide raconte, pour sa part, que ce serait au dieu du vin Bacchus ou Dionysos, que l'on devrait le miel. Il revenait d'une promenade en gambadant parmi les satyres lorsque ceux-ci,pour mieux marquer la cadence, firent retentirent leurs sistres. Au bourdonnement des instruments, un vol d'insectes inconnus sorti du bois. Bacchus les guida vers un arbre où ils s'enfermèrent et qu'ils remplirent de miel.

Les gréco-Latins rapprochaient le vin du miel tout autant qu'on les mêlait dans les cratères. Un cousin de Dionysos porte le nom de Mélikertes, le coupeur-de-miel, en analogie avec le mélidraton, eau coupée de miel, premier stade avant la fermentation de cette boisson énivrante autre que le vin, l'hydromel.

Mélikerrtes fut précipité dans un chaudron d'eau bouillante par sa mère, la tante nourrice de Dionysos, devenue folle. L'océan engloutit son cadavre mais il ressuscita sur un dauphin et depuis, bien que divinité océanide, il gambade dans l'entourage de Dionysos parmi les satyres et les silènes.



L'écume des vagues rappelle celle de l'hydromel quand il fermente dans un chaudron ou lorsqu'on le verse dans des coupes. Peut être aussi les marins emportaient-ils des amphores d'hydromel pour se remonter le moral au long des traversées?

Le Mythes le plus célèbre de l'origine des abeilles est bien la légende d'aristrée. On devait presque dire, la légende de la génération spontanée des abeilles. Elle a eu la vie dure. Jusqu'au XVIIe siècle faisait article de foi dans les traités d'apiculture tant qu'on n'eut pas découvert, grâce au microscope, que le roi était en fait une reine, et une reine mère dont la fonction unique consistait à pondre des millions d'oeufs d'où écloreront les futures progénitures.



Mais laissons parler Virgile, car il est temps de vous expliquer comment du sang corrompu des taureaux immolés on a vu plus d'une fois naître des abeilles... Coupable d'avoir causé la mort d'Euridyce qu'il poursuivait de ses assiduités et tenu pour responsabble du lynchage d'Orphée, l'époux de celle-ci, le berger d'Arcadie, Aristée le fils d'Apollon et de sa nymphe cyrénée, se voit privé des abeilles auxquelles il tenait beaucoup. Conseillé par a mère, il offre un sacrifice aux manes d'Eurydice et Orphée. A orphée, un pavot pour que son chagrin s'apaise, et à Eurydice..."quatre superbes taureaux immolés et autant de génisses".

A la neuvième aurore..."O prodige!!! des entrailles corrompues des victimes, à travers les flancs qu'elles déchirent, on voit s'élancer en bourdonnant des milliers d'abeilles qui se répandirent dans les airs comme un nuage épais, puis se posèrent sur la cime d'un arbre, suspendues en grappes à ses flexibles rameaux"

Les abeilles vous le devinez, viennent ici, en renfort des mouches à viande dont les asticots n'ont aucun rapport avec elles.


On trouve également dans le mythe d'Aristée l'observance très longtemps maintenue d'un interdit sexuel répété par les traités d'apiculture anciens. Si l'on confisqua les premières abeilles du berger, c'est parce qu'il avait eu envie d'une femme, et, qui plus est, de celle d'un autre. Pour récupérer un essaim d'abeilles réputées vierges ou récolter le miel cette matière pure, il fallait s'être auparavant abstenu de tout commerce charnel.

Le miel, comme la cire, était largement employé dans la lityrgie antique. Pour les rites funéraires, on donnait aux défunts une provision de miel à savourer dans l'au-delà, connotation d'immortalité.

Dès le Néolithique, chez les Aryens, en Babylonie, à Sumer, en Crête, on ensevelissait pour cette raison les grands personnages dans le miel. Hérodote et Strabon s'en fot l'écho. Alexaandre le Grand renoua, si l'on peut dire, avec cette coutume mais rien ne prouve qu'un tel usage fût général dans les Balkans.

Habituellement, quand il y avait un embaumement comme en Egypte, on employait la cire, d'où le nom de momie, du perse mum, la cire. Enfin aux fêtes solsticiennes d'hiver, les hopis d'Arizona enterraient symboliquement l'année défunte, dans le même esprit que lors des célébrations celtes de Samain mais avec une collation générale de miel et de farine. Cette association de mets, on la retrouve chez les juifs de Russie pour le nouvel an, le Rosh hachana.

Le père de famille distribue à ses enfants en heureux présage des tartines de miel et n'oublions pas que le pain d'épices sous-produit du miel est au moment de Noêl la base de bien des gourmandises.