lundi 15 mai 2017

Premières lettres entre les deux ennemis................... Épisode 60


Germaine enfile un gilet et sort en disant ;
« - Je vais poster ta lettre. »
En entrant dans la poste, elle aperçoit un employé du château. Elle s’approche de lui et se présente.
Bonjour, Monsieur vous êtes un employé du docteur Melchior, je crois ?
L’employé est aussitôt sur la défensive :
« - Oui Madame, j’apporte le courrier comme chaque soir, pourquoi vous avez un problème ?
Germaine :
« - Pas du tout, bien au contraire, vous êtes charmant je suis Madame Hillairet. J’ai une lettre pour votre patron de la part de mon mari, pourriez-vous lui remettre ou je dois la poster ?

L’employé du château pense immédiatement, après les gosses, la mère, mais il reste poli :
« - Ce serait idiot de la poster, je lui remettrai immédiatement en rentrant, faites-moi confiance. »
Germaine :
« - Merci Monsieur et bonne soirée. »
L’employé du château :
« - Comptez sur moi, bonsoir Madame Hillairet. »
Satisfaite d’avoir économisé un timbre, elle salue les gens qui attendent au guichet, et se retire avec sa discrétion habituelle que tous apprécient.
Les enfants viennent de sortir de l’école. Ils ont rendez-vous après leurs quatre heures, qu’ils croquent comme chaque jour de bon appétit.
Comme prévu, ils se retrouvent devant l’église et se dirigent vers la petite porte du château. Elle est ouverte, Ralph est entrain de la réparer. Elle grinçait beaucoup trop. Il a huilé les gonds rouillés par le temps et il l’ouvre et la ferme pour voir si son travail est efficace. En apercevant les enfants, ils les gratifient d’un sourire en disant :
« - Bonjour, les enfants, vous venez voir le docteur Melchior, il est dans la roseraie, je crois qu’il vous attend. Ils entrent dans le parc et l’aperçoivent entrain de tailler ses rosiers. Il parle avec quelqu’un. Ils entendent le docteur Melchior  lui dire au revoir. Son ombre se dirige vers eux et ils se retrouvent nez à nez avec Monsieur le Curé. Il est évident que par sécurité, il a été mis depuis longtemps, au courant des visites régulières des enfants et elles ont sa bénédiction. La seule chose que le vieux curé ignore c’est le voyage dans le temps. Il aurait engendré beaucoup trop de questions.
Monsieur Le curé :
« - Bonsoir, que faites-vous ici ? si vos parents l’apprennent, vous serez punis. Moi, je sais que vous êtes en sécurité ici, mais soyez prudents, le village a des langues bien pendues et toutes ne seront pas aussi discrètes que moi. Il repart de son pas allègre, mais il se retourne au bout de quelques pas en s’adressant à Tapioca :
« - Ne passez pas trop de temps au château. La kermesse a besoin de vos bras et elle n’attendra pas. »
Satisfait de son effet, il repart tout guilleret vers son presbytère. 
Le docteur entendant les mots du vieux curé, s’approche de l’entrée de la serre. Il aperçoit les enfants et s’adressant à son tour à son vieil ami :
« - Vous ne seriez pas entrain de me faire une crise de jalousie mon Père ? Il va falloir vous confesser mon ami…Et, tous les deux se mettent à rire de cette complicité. 
Le docteur Melchior :
« - Approchez-vous, je soigne mes rosiers, Monsieur le curé est un peu jaloux de moi ?
Les enfants en chœur :
« - Nous ne le croyons pas, nous savons qu’il est votre ami. Vous en avez au moins un et c’est un vrai, fidèle. »
Le docteur Melchior :
« - Il y en a beaucoup d’autres, mais nous savons rester discret. Monsieur le curé est devenu presque un frère pour moi. Il vient me voir tous les jours. Nous nous conseillons mutuellement. Par lui, je suis au courant de tout ce qu’il se passe et depuis quelques jours il y a du mouvement. Je pense qu’indirectement, vous n’y êtes pas étrangers.
Pierrot :
« - Comment va Umagu docteur Melchior. »
Le docteur Melchior :
« - Il va bien, allez le saluer, il est derrière vous, Monsieur prend le soleil. Il sera content de vous voir.»
Pierrot :
« - Vous savez que Tapioca l’a baptisé lundi matin. Il s’appelle Umagu en hommage de vos amis. »
Le Docteur Melchior :
« - Vous êtes de bons petits et j’en suis fier. Je suis sûr que Umagu a compris le sens de ce baptême et saura s’en montrer digne. »
Ce qu’ignore Pierrot, c’est que depuis une heure ou deux le docteur Melchior a en main la demande d’entretien de son père. Il a aussitôt appelé le vieux curé pour en parler avec lui. Il est venu aussitôt. Ils ont pris le thé et longuement parlé du chamboulement qu’ils sont entrain de provoquer dans le village. Ils en ont tiré les conséquences, et ont imaginé un plan dont ils tireront les ficelles.
Un village qui bouge est un village qui vit, qui évolue et le docteur Melchior entend bien participer à cette évolution et y apporter son expérience. C’est le moment d’accepter la demande d’André, mais il devra avant, être testé et accepter certaines conditions contraignantes. Après tout, il est la principale victime des propos injurieux qu’André a vilipendé. Il va lui écrire et lui dicter les conditions de sa rédition aux bonnes mœurs. Pour le moment Pierrot et son équipe ne doivent rien savoir.
La petite troupe va saluer le papillon, qui bat des ailes quand il les reconnaît.
Tapioca :
« - Regardez comme Umagu est content de nous voir. »
Les enfants lui parlent avec affection, ils lui demandent s’il a des nouvelles des Gums et Umagums et à chaque question, il prend une attitude qui leur donne l’impression qu’il les comprend et leur répond. Un étrange dialogue s’engage. A chaque question des enfants, Umagu répond. Il prend une attitude différente, négative ou positive. Les enfants ne se lassent pas de jouer avec lui et quand ils veulent se retirer, il n’est pas content et leur montre par une certaine agressivité boudeuse. Mais au bout d’un moment, il se fatigue lui aussi et se prostre, immobile. Les enfants comprennent qu’Umagu n’a plus rien à répondre et ils se retirent en douceur, en lui promettant de revenir avant de repartir. 
Pierrot :
« - Votre idée du vieux Monsieur en noir, était géniale. Ils sont tous tombés dans le panneau. »
Le Docteur Melchior :
« - Je n’ai pas eu besoin de tricher ou de mentir, c’est une chose que je ne fais jamais. »
Pierrot a rejoint un peu avant les autres le docteur Melchior. Il s’est assis dans un des fauteuils en osiers, sous un superbe rosier de roses blanches fleuries. D’une main, le docteur Melchior fait un signe à quelqu’un qui se trouve derrière Pierrot en disant :
« - Venez Professeur, je vais vous présenter les amis dont je vous ai parlé. Retourne-toi Pierrot, je te présente en chair et en os le véritable Comte Richard d’Alembert de la Fenière Professeur de paléontologie, chercheur que tout le monde vénère, il souhaite vous dire bonjour. Vous le connaissez tous, c’est la personne en noir que vous avez rencontré plusieurs fois à la gare dit-il avec humour... » 
Le docteur Melchior:
" - Il est mon fournisseur de papillons et avant toute chose, mon Ami. »
Le Comte s’approche de Pierrot et lui tend la main.
« - Bonjour Chevalier, le docteur Melchior m’a raconté votre histoire. Comme il a ma confiance, j’ai décidé de vous aider. Officiellement je suis ici pour faire des recherches sur ces objets. Ma présence les rend insaisissable sans déclencher une affaire d’état.
Un ami ministre va bloquer cette enquête qui n’a plus lieu d’être, mais nous devons garder un secret absolu sur ma présence au château. Par contre, je vais aller me présenter aux gendarmes et au Procureur de Saintes pour calmer les choses.»
Les autres enfants se sont rapprochés et postés derrière Pierrot. Ils n’y comprennent plus rien du tout. Comment un personnage né dans la tête de Tapioca, pour éliminer les copains de l’école, existe bien, en chair et en os et se retrouve ici, debout devant eux ! Ils saluent le Professeur avec respect.
Le Professeur reprend :
« - Le docteur Melchior est un vieil ami et j’ai souvent fait appel à lui. Quand il m’a raconté votre histoire, votre voyage, j’ai immédiatement été passionné. À mon âge et dans ma position, je n’ai guère l’occasion de m’amuser. J’ai donc décidé avec votre accord, de rentrer dans l’équipe, à condition que ma présence ici, reste un secret  comme je vous l’ai déjà demandée.
Nous allons construire une histoire nouvelle tous ensemble et vous en serez les acteurs. Votre école, votre village, tous en profiteront. Vous deviendrez brillants à condition que, de votre côté, vous soyez des élèves d’exception jusqu’à la fin de vos études. La dernière chose que j’ai à vous demander, c’est de savoir si vous êtes tous d’accord et si vous m'acceptez parmi vous. »
Les enfants ne se font pas prier, mais Tapioca intervient:
« - Bien sûr Monsieur le Professeur, nous voulons travailler et apprendre…Nous avons commencé, Pierrot et moi sommes les meilleurs de la classe. Cet après-midi, le maître nous a félicité devant toute la classe et les petits s’accrochent à leurs opérations et devoirs comme jamais…Nous n’avons pas encore compris pourquoi nous avions été choisis, mais nous mesurons déjà, tout ce que nous a apporté le docteur Melchior. Si en plus, vous êtes avec nous, ce sera un miracle pour notre école et nous tous. Nous vous remercions de  bon cœur. »
Le docteur Melchior :
« - Nous avons monté une opération séduction avec le Professeur. Si personne ne doit savoir qu’il habite au château, il n’est pas interdit qu’il ait un domicile au village. Mon Notaire maître Saubagné vient de me faire savoir que mes locataires viennent de déménager. Ils ont acheté une petite maison dans le nouveau lotissement. Le Professeur va s’y installer quand il sera ici. 
Cette maison a une particularité bien qu’en apparence, elle ressemble à toutes les autres. Au sous sol, il y a un mur pivotant qui donne accès à un souterrain qui rejoint le château. De mes caves, il y en a plusieurs qui partent dans différentes directions. Ils ont été creusés, il y a longtemps, bien avant la révolution pour se protéger des invasions ou des révoltes. Ils ont beaucoup servi pendant la seconde guerre mondiale pour cacher des armes ou des gens, qu’il fallait protéger. 
Désormais, au lieu de se rendre directement au château, vous passerez par la maison du Professeur. Nous pourrons aussi lui et moi se voir en toute discrètion. Cela dit, je n’ai pas terminé. Tu as imaginé Pierrot afin de crédibiliser ton discours, que le Professeur apporte nos objets ce lundi pour que tous les enfants de l’école les découvrent et en profitent. Le Professeur m’a proposé de jouer ce personnage. II fera donc ta petite conférence, ainsi leurs pistes seront de plus en plus embrouillées et les nôtres deviendront de plus en plus claires. 
Nous pourrons préparer dans le calme et la sérénité notre prochain voyage. Je vous informe que le Professeur en sera et c’est lui qui choisira nos prochaines destinations."
Il termine en demandant :
« - Des questions Chevaliers ? »
Pierrot :
« - Des questions docteur Melchior nous en avons plein la tête, mais il est sage que chacun retourne à la maison. Nous serons ici demain. Par contre, je voulais vous informer que l’Angérien a publié les photos d'Umagu, au village ils sont tous comme des fous. »
Le docteur Melchior :
« - Je sais, je le reçois chaque chaque mercredi au courrier, c’est une bonne chose pour nous, leur attention sera détournée pendant quelques temps. »
Comme il se fait tard Pierrot et son prend congé du docteur Melchior et du Comte de la Fenière et chacun rentre chez soi encore étourdi d’avoir vu le Monsieur en noir inventé par Tapioca, deveunu réel par la seule volonté du docteur Melchior. Mais, comme toujours, le silence est de mise et personne n’en saura rien. Tout devient vrai dans leur histoire, c’est décidemment de plus en plus magique.
André comme chaque soir se rend au café. Il a pris une importance qui inquiète dans le village. Aujourd’hui, c’est une véritable explosion locale. Fidèle à la ligne Pierrot qu’il s’impose, il comprend peu à peu que d’écraser les autres, n’est peut-être pas la meilleure solution. La contestation, l’opposition systématique ne sont pas forcément des positions qui apportent des solutions durables. Il faut recommencer la lutte chaque année, si au contraire, ils devenaient une plate-forme de propositions les choses évolueraient plus rapidement et plus durablement
Il mettrait en place une dictature du prolétariat qui ne ferait pas dans la contestation mais agirait dans l’ouverture, ferait des propositions. Il va falloir composer un programme. Il doit en parler avec Monsieur le curé. Jésus n’était-il pas le premier des contestataires de l’ère moderne? Il va sûrement me comprendre. Pris par ses pensées, il pousse machinalement la porte du café et se retrouve dans l’ambiance habituelle, au milieu d’une horde qui se met à hurler en le voyant débarquer.
Ce cri de joie de ses amis le réveille et surtout le ramène à la réalité du moment. Il est devenu le centre d’une nouvelle agitation et de toutes les attentions. Chacun y va de ses chaudes félicitations. Il arrive au bar poussé par une bousculade et il se retrouve nez à avec le gendarme Roulet qui a devant lui le journal avec André en première page.
Le gendarme n’est pas en service, il est en civil et vient de s’offrir son énième pastis.
Il lui montre le journal et en riant lui dit :
« - Voici donc la fameuse face cachée du délit. »
André :
« - Pas vu, pas pris. Je te donne toutes les photos que tu veux mais l’original, je ne l’ai plus et c’est bien dommage, tu me connais, j’en aurai tiré quelques subsides… 
Tes enfants ont aimé les photos du journal ?
Le gendarme :
« - Ne m’en parle pas, c’est devenu comme une lithanie, Pierrot par ci, Pierrot par là, c’est le meilleur en classe, il est beau, il est gentil, je mange de l’Hillairet en permanence.
Pour ton info, ton conservateur, celui qui nous a emmerdé lundi a saisi son Procureur qui a appelé le nôtre. Aussitôt, il nous a demandé des explications. Nous venions de terminer notre rapport, et  de le remettre au chef de la brigade. Il venait de terminer de le lire. L’autre était si content de notre boulot qu’il a félicité le Chef et a classé l’affaire. Il a demandé à son homologue de Poitiers de passer un savon à son conservateur pour son abus de pouvoir. Quand le Chef te verra, il va te remercier. 
André :
« - Il ne me doit rien, vous avez fait correctement votre travail. C’est le contraire qui aurait pu être choquant. Moi je n’y suis pour rien. »
Le Gendarme :
« - Ne la joue pas modeste, nous n’allons plus te reconnaître. Bon arrosons, le journal et les photos. Que veux-tu boire ?
André :
« - Une mominette, j’en suis à la quatrième, je dois ralentir un peu, si la fête continue à ce rythme, je ne vais pas retrouver le chemin de la ferme et j’ai du monde à dîner ce soir. »
La soirée continue et il peut mesurer à chaque pas sa nouvelle popularité. Toujours lucide, il se retire comme toujours, en douceur un peu avant 20 heures. 
Si André était passé par la place principale du village, il aurait été surpris de voir la salle de réunion de la mairie éclairée et bon nombre de véhicules devant. Une discrète réunion se tient. La liste sortante majoritaire s’inquiète de ce soudain regain de popularité d’André, et jusqu’où va t-elle aller. Ils se doivent veiller au grain. Mais personne ne sait comment endiguer cette vague qui déferle sur le village depuis 3 jours. Aucune mesure n’est prise et ils se séparent ne sachant pas ce qu’ils doivent faire. Seul, le maire réélu depuis 20 ans sans discontinuer, pense qu’il reste intouchable et qu’il doit rester au-dessus de la mêlée.
Le soir plusieurs coups de téléphone informent André de cette réunion en le priant de ne pas oublier qu’ils furent les premiers à le prévenir
André s’amuse de ces appels et regarde Germaine en lui disant : 
»- Quand le bateau coule, les rats veulent quitter le navire. »
Germaine lui répond :
« - S’ils retournent leur veste aussi rapidement, oublie-les. Ce qu’ils font au maire aujourd’hui, ils te le feront demain.
André :
« - Tu as raison, parlons d’autres choses la journée a encore été rude. 
Le dîner s’écoule sur des discussions familiales habituelles. Les vieilles habitudes reprennent leur place et la nuit vient recouvrir de son linceul noir le village endormi. Demain il fera jour.
Seul dans son bureau aux ors magnifiques, le docteur Melchior prend son plus beau papier aux armes de sa maison. Il trempe sa plume d’oie dans son encrier doré à l’or fin. Il choisit une plume très souple pour bien marquer les pleins et les déliés.
Il écrit :
Cher André,
C’est avec beaucoup de surprises et d’émotions que j’ai reçu votre courrier de ce jour. Pour être franc, je le souhaitais depuis longtemps. Je ne reprendrai pas l’étendue des reproches que, je pourrais énumérer en une longue liste. Pourquoi ce poing brandi quand la semaine dernière je suis passé au-dessus de votre tête en conduisant mon ballon ? Je ne suis pas contre vous pardonner cette ingérence dans ma vie depuis 20 ans comme dans celle de mon personnel. J’accepte vos excuses écrites donc officielles. Vous comprendrez aussi que je sois méfiant de ce soudain revirement qui s’accompagne d’autres comportements élégants et appréciés depuis quelques jours.
Au nom de cette évolution et de cette bonne volonté, je vous propose un rendez-vous pour ce lundi à 10 heures précises chez moi au château.
Par contre, le docteur Melchior ne rencontre pas en catimini, ses visiteurs. Nous sommes adultes et responsables, il y aura donc un témoin. Voici le déroulement de cette rencontre telle que je la souhaite et qu’elle se fera.
1- Vous arriverez en voiture par la grille d’honneur, comme tous les visiteurs que je reçois. Elle sera grande ouverte par mes serviteurs qui vous attendront et vous vous garerez à l’endroit qu’ils vous donneront.
2- Notre rendez-vous aura lieu dans le salon blanc du château, couleur neutre en présence de Monsieur le Curé qui m’a donné son accord de principe.
3- L’entrevue durera environ 1 heure.
4- Je n’aurai pas besoin de vos excuses verbales, je les ai par écrit. Je n’ai pas besoin d’avoir d’explications sur votre comportement passé, j’en connais trop les raisons. Nous ne parlerons que du futur.
5- Nous établirons un protocole d’accord signé de nos paraphes dans lequel vous reconnaîtrez vos erreurs de jugement et moi je reconnaîtrais vous avoir accordé mon pardon. Monsieur le Curé certifiera sincère et véritable ce document dans lequel vous engagerez à ne plus m’attaquer publiquement. Il est évident que vous aurez le droit de ne pas être d’accord avec moi, mais ces désaccords seront d’ordre privé et devront rester entre nous.
6-Vous vous engagez à me livrer de la paille, du foin et du fumier dont j’ai besoin en fonction, c’est évident de vos possibilités.
7- Je m’engage de mon côté à refaire travailler les commerçants du village et d’apporter mon concours à toutes œuvres et énergies publiques ou privées qui le souhaiteraient.
8- Pendant quelques temps nous ferons le point chaque semaine sur l’évolution de nos relations.
9- Je vais proposer à Monsieur le Curé, de mettre mon parc à la disposition de sa kermesse annuelle en symbole, de cette réconciliation avec le village. Sachant votre retour parmi ses brebis, je souhaite que cette demande émane de vous et que vous la souteniez.
10- Le village a besoin de bonne volonté et de jeunesse pour faire face aux difficultés croissantes de cette évolution. Je souhaite avec d’autres, que vous preniez la tête de ce renouveau, pour donner à nos jeunes la chance qu’ils méritent, et ne partent plus ailleurs pour trouver du travail.
Ces dix points ne sont pas discutables et vous devrez les accepter pour asseoir notre réconciliation, c’est aussi une chartre d’une future orientation politique municipale, que nous souhaitons voir s’installer au village.
J’ose espérer qu’ils auront votre soutien et votre agrément. Que votre geste élégant à mon égard permettre à ce village de retrouver la quiétude qui lui manque et qu’il doit rapidement retrouver grâce à vous.
Bien à Vous et à votre famille.
Votre dévoué.
Docteur Melchior d’Altus de la Combée.

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