jeudi 11 mai 2017

La gendarmerie débarque à la maison....................... Épisode 57



Gros Sel :
« - Regarde Pierrot, tu avais raison, les flics sont là. »
Pierrot a immédiatement reconnu l’estafette des gendarmes et la voiture du conservateur du musée. Dès qu’ils entrent, ils entendent une conversation animée dans le salon. Ils sont passés par la cuisine et personne ne les a vus entrer. Ils posent leurs cartables et comme ils ont grand faim, ils se jètent sur leur casse-croûte qui est toujours préparé à l'avance par la grand-mère avant qu’ils ne reviennent de l’école.
Pierrot,
« - Tu vois j’avais encore raison, j’espère que désormais, papa va enfin comprendre qu’il doit entendre ce que j’ai à lui dire et n’agira plus à chaque fois, sans nous en parler. »
Gros Sel :
« - Ne rêve pas trop grand frère, Maman et Grand-mère essaient de le changer depuis quarante ans voir plus… » 
Pierrot sourit et la bouche pleine il dit à son frère :
« - Viens, voir la gueule qu’ils tirent. »
Ils entrent dans le salon et se fendent d’un bonjour je m’en foutiste total comme si cette réunion ne les concernait pas. Au moment de leur entrée, ils entendent le gendarme Baron dire à leurs parents :
« - C’est grave André, vous avez égaré ou peut-être détourné des objets d’intérêts publics  dont vous aviez la garde. C’est punissable par la loi…»
Les gendarmes en utilisant la voix qu’ils ont l’habitude de prendre quand ils veulent faire peur.
« - Bonjour les enfants, justement nous avions besoin de vous. Vous allez nous expliquer par le détail, tout cet imbroglio,  »
Pierrot est nullement impressionné car il les connaît bien :
« - Vous êtes enroué Monsieur Roulet, vous avez perdu votre voix habituelle. C’est vrai que je vous ai tellement entendu crier hier au foot, vous avez vu, ils ont gagné et nous sommes premier. Ils se sont bien battus. Ils ont bien gagné leur prime et Papa les a bien aidés.
Décontenancé par la désinvolture de Pierrot à laquelle il n’est pas habitué, le gendarme Rouet reprend la parole avec une voix presque normale.
Le gendarme Roulet:
« - Tu as raison, je n’ai pas arrêté de les soutenir, mais nous ne sommes pas là pour parler du match d’hier mais…

Pierrot le coupe sèchement:
« - Je ne suis pas sourd et j’ai entendu ce que vous disiez en entrant. Mon père n’est pour rien dans cette affaire. Ces objets dont vous parlez ne nous appartiennent pas. Ils m’ont été confiés par un Monsieur, un savant à la retraite pour que je les  montre aux autres élèves de mon école. Ce matin, il devait les présenter ailleurs et faire une conférence. Il est donc venu les rechercher hier. Je lui ai rendu ce qui lui appartenait. Je ne vois pas quel mal nous avons fait. Il y a un mois, il nous en avait confié d’autres, nous les avons présentés à l’école et tout le monde a pu les voir car le maître a fait une exposition. Elle a rapporté beaucoup d’argent. Plus de 5000 personnes sont venus. Josiane votre fille a dû vous en parler Monsieur Roulet !
Le gendarme Roulé :
« - Tiens donc, ils m’ont cassé les pieds pour avoir leur boîte de papillons à la maison. Quand j’ai vu le prix, j’ai dit non, je n’ai pas les moyens de ton père moi… »
Pierrot
« - Ces boîtes nous ont été offertes et nous les avons remises à l’école.
Content de voir que nos accords avaient été respectés, ce Monsieur nous a confié d’autres objets et le papillon. Mais,, mon père et ma mère ont cru bon de vérifier leurs origines pensant que nous les avions trouvés ou volés.
Samedi, ce Monsieur est déjà venu chez nous, Il était accompagné d'un autre personne, ils nous ont menacés. Mon ami devait revenir dimanche matin pour les rechercher. Ne voulant pas voir mes parents mêlés à cette histoire, je les ai restitués comme prévu à leur propriétaire. Imaginez une seconde, que je ne les rende pas. Vous seriez aujourd'hui également ici et vous nous accuseriez de vol ou de, je ne sais quel délit. Monsieur Roulet, depuis que je suis tout petit, j’entends mon Père, Maman, ma Grand-mère me dirent chaque jour, qu’il faut toujours rendre ce qui ne nous appartient pas, que le vol est une faute grave, qu’auriez-vous fait à ma place ?
Les gendarmes sont à la fois surpris et impressionnés par la clarté et le judicieux de sa réponse. Le Conservateur, ses parents, sa Grand-mère et Gros Sel sont coît. Pierrot vient de passer aux yeux des gendarmes d’un chapardeur ayant soustrait des objets d’une grande valeur scientifique à un petit garçon, gentil, sérieux, bien élevé et respectueux des règles qu’on lui a apprises.
Personne ne peut lui donner tort, il a choisi la solution de la bonne éducation, l’autre aurait été celle des voyous. Il n’a pas hésité une seconde, c’est compréhensible. Il passe d’ailleurs lui et son petit frère pour des enfants irréprochables, ce qui n’est pas le cas de tous. Ce revirement des gendarmes, n’est pas du goût du conservateur. Il sent la situation lui échapper et décide d’abattre sa dernière carte, la plus grosse.
Le Conservateur inquiet de la tournure des évènements :
« - Tout cela est bien beau, mais la loi, c’est la loi et nous sommes bien devant un cas de soustraction de biens publics. La loi est la même pour tous et chacun se doit de la respecter, sinon plus rien ne serait possible… »
André :
« - Justement, de la loi parlons en. "
Il déplie un papier qu’il sort de sa poche et reprend :
« - Ce matin, j’ai appelé mon avocat et voilà ce qu’il m’a dit de vous lire. Avant permettez-moi de dire aux gendarmes que nous avions convenu  que ce matin il prenne contact avec mon avocat pour négocier un accord. 
André:
"- Vous ne l’avez pas fait. Nous devions prévoir un accord écrit. Vous n’avez pas donné suite à ce geste de bonne volonté de notre part, notre bonne foi ne peut donc pas être mise en doute."
Le conservateur :
« - Cela n’aurait pas changé grand chose et nous en serions au même point. » 
André :
« - C’est vous qui le dites. Vous n’étiez pas au courant de cette disparition, pas plus que vous ne connaissiez l’existence du papillon. »
La partie de ping-pong continue devant les gendarmes amusés et pas mécontents de la tournure des évènements. Ce Conservateur et sa suffisance, les ont un peu énervés et André c’est leur copain. 
Le Conservateur :
« - Il fallait me prévenir. »
André courroucé :
« - Je ne vous dois rien Monsieur, je ne sais même pas qui vous êtes, je n’ai même pas votre carte visite ! Pensez-vous que ces objets morbides sont ma priorité ? Je travaille de mes mains dit-il en montrant ses mains cornées par le labeur journalier. Mes priorités, ce sont ma famille, l’éducation de mes enfants, mes champs, mes labours, mes bêtes s’exclament-il en élevant singulièrement la voix."
Les gendarmes l’interrompant :
« - André reste calme continue sans t’énerver et lis nous le mot de ton avocat, je pense que ce sera intéressant. Il connaît la loi sur ce sujet mieux que nous. »
André reprenant ses esprits :
« - Comme je le disais avant que ce Monsieur ne m’interrompe, il est effectivement auxiliaire de justice pouvant faire appel aux forces de sécurité, mais sous certaines conditions que jusqu’ici, je n’ai pas encore vues.
Je lis :
1 - Ce Monsieur devait avertir le Procureur de la république immédiatement après sa découverte et lui demander l’autorisation de requérir les objets à titre conservatoire.
2 - Il devait les notifier par écrit sur un document précis et officiel en décrivant les objets avec des photos, analyses et divers en pièces jointes. Il devait certifier de la véracité de cette description et l’enregistrer sur un livre officiel qu’il doit avoir d'ouvert et paraphé dans les locaux du ministère où il officie.
3 - Il devait à partir de cet enregistrement, les conserver individuellement sous scellés numérotés dans un coffre individuel prévu à cet effet..
4- Présenter aux gendarmes avant toute intervention, une réquisition du Procureur limité à son secteur juridictionnel légal.
Quand ces différentes étapes sont respectées, il peut requérir la force publique pour faire appliquer la loi. S'il n’est pas dans la possibilité de nous fournir ces pièces, j’ai le regret de vous annoncer, qu’il s’agit d’un abus de pouvoir punissable pas la loi.
André se tait, il regarde et contemple l’effet produit sur chacun par le petit laïus dicté ce matin au téléphone par son avocat. Les gendarmes fixent André, il leur glisse un coup d’oeil complice. Soulagés de sa réaction, car ils sont aussi dans la même galère, ils contre-attaquent aussitôt. Les mouches viennent encore de changer d’âne et cette fois, ils rajouteront le bonnet en plus.
Les gendarmes interrogatifs :
« - Monsieur le Conservateur, avant d’aller plus avant et en vertu de ce que nous venons d’entendre, êtes-vous d’accord avec l’avocat d’André ? »
Le conservateur est obligé de reconnaître le bien fondé de ces éléments.
Le Conservateur :
« - C’est exact. »
Les gendarmes :
« - Avez- vous respecté cette procédure à la lettre et êtes-vous immédiatement en mesure de nous en fournir toutes les justifications. »
Le Conservateur :
« - Non messieurs, je n’ai pas eu le temps, les choses se sont précipitées et devant cette extraordinaire découverte, j’ai cru que… »
Les gendarmes  se tournant vers André et Germaine :
« - Excusez-nous Germaine et André, excusez-nous les enfants d’avoir douté de vous, nous avons été abusés par sa carte tricolore mais nous ne faisons pas tous les jours ce genre de procédure. Nous n’avons plus rien à faire ici. Quant à vous Monsieur, nous allons devoir informer le Procureur de la république de vos agissements et vous en répondrez devant lui. Nous n’aurions jamais dû venir importuner ces gens. Comme vous l’avez annoncé, il y a quelques minutes, la loi c’est la loi et dans votre fonction, vous devriez montrer l’exemple en commençant par la respecter. Vous n’en seriez que plus crédible, au revoir Monsieur !
André :
Non, non ne partez pas, j’ai un petit service personnel à vous demander, libérons ce Monsieur. Il pensait faire son devoir, il est sorti un peu de ses prérogatives, il n’y a pas eu mort d’homme, mais nous ne sommes pas non plus des imbéciles. Oublions cette anecdote. Je préfère que nous en restions là. Nous aurons peut-être besoin de lui plus tard. De toute façon nous n’avons plus les objets. L’enquête ne peut plus nous concerner.
Le conservateur est soulagé d'entendre les paroles d’André, il s’en retourne gros jean comme devant. Il a tout perdu, il pensait repartir avec de quoi surprendre la terre entière. Il présente ses excuses à André, à sa famille et rentre à Poitiers au volant de sa voiture. Il lui reste quand même certains documents, des témoignages, mais il ne va pas en rester là. Il doit faire immédiatement un rapport au parquet ne serait ce que pour se couvrir. Dans l’administration, ils ont l’habitude d’ouvrir le parapluie même quand il n’y a pas d’orage. À cet instant, c’est un ouragan qui se prépare et il faudra savoir y faire face.
Les gendarmes ne sont pas mécontents de la fin de cet entretien, et demandent à André ce qu’ils peuvent faire pour lui ?


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