jeudi 25 mai 2017

Dernières mises au point............................... Épisode 66



Quelques jours plus tard, ils ont à faire face, à une autre adversité, beaucoup plus intelligente et motivé. Le chef de gare a demandé illico sa mutation pour raison de santé. Ses cinq autres collègues malhonnêtes ont tous démissionné. Tous les autres regagnent le nouveau syndicat créé par André.
Le parti reçoit à la fois la lettre de démission d’André et constate l’explosion de sa cellule. Il découvre par la même occasion les indélicatesses. Il préfère faire profil bas pour éviter que le mal ne se propage, sachant que partout, ces exactions financières existent. Elles sont monnaie courante et à différents niveaux, bien que réprimées par la loi. Sa démission est entérinée immédiatement.
André, va pouvoir se présenter à la messe dominicale l’esprit tranquille. Ce lundi, il doit défendre ses nouvelles intentions et convaincre de sa bonne foi. Dans la journée, le village apprend sa démission du parti communiste. Un amalgame est vite fait entre l’histoire financière, les détournements du syndicat et la dénonciation de ces actes qu’il a découvert. Tous pensent, qu’il a bien fait de quitter ce panier de crabes, et certains se disent qu’ils feraient de le suivre.
Au café le soir, il est à nouveau la cible bienveillante des uns et des autres. Il explique cent fois, les raisons de son évolution politique. Il précise que mercredi dans l’Angérien libre, il publiera le double de sa lettre de démission.
La soirée se termine comme tous les autres soirs. En chemin, il commence à se sentir élu calife, à la place du calife.
Il a en tête, les bases de son équipe municipale. Fort des habitudes du parti, il veut en secret la couvrir d’un conseil de surveillance, organisé autour des amis qui l’auront accompagné. Il les réunit et leur explique ce qu’il souhaitait faire.
Un groupe de pilotage est créé. Le premier est chargé de mettre en place son ascencion municipale, l’autre le nouveau syndicat de l’usine. Ils se retrouveront une fois par semaine. Leur action ne dépendra d’aucun parti et sera indépendante. Ils accepteront des gens de tous les bords, à la condition que les choses décidées en commun, soient respectées et exécutées.
Chacun se met au travail. L’équipe chargée du syndicat libre demande un rendez-vous à la direction. Ils arrivent avec des propositions basées sur les résultats de l’entreprise. Ils proposent de nouvelles idées, demandent un intéressement au-delà des résultats prévus, afin d’encourager le travail et décourager l’absentéisme.
Le syndicat propose également, de créer des services sociaux interne, une aide à l’éducation, aux vacances des enfants, une bibliothèque, une cantine et une garderie pour les petits. Toutes ces mesures ont immédiatement un grand succès et sont perçues par les employés, comme une évolution sociale de l’entreprise.
Immédiatement, les adhérents affluent, au détriment de l’autre syndicat qui disparaît, victime de sa propre incompétence. Même le CE, souhaite les rejoindre rapidement, mais prudent le responsable du syndicat libre, demande à contrôler les comptes pour être certain de la probité des élus qui le dirigent. Chaque lundi soir, une réunion permet de faire le point.
Le dimanche, il est présent à l’église tout en restant discret, il ramène une dizaine de ses équipiers dans l’écurie de Monsieur le curé. Ce dernier se fend dans son omélie, d’un bel hommage à André pour le remercier. Il appuie sur son assiduité nouvelle et sur son courage politique. Il rappelle qu’il vient de braver seul le communisme, une force démoniaque, malsaine, inhumaine et sanguinaire.
Il le remercie d’avoir conduit de nouvelles et pas des moindres, âmes égarées sur le chemin de la rédemption. Leurs femmes comme Germaine avant elles sont heureuses et fières de ce revirement et sont toutes, acquises à la nouvelle cause d’André.
Tout le village a depuis longtemps compris ce que veut André. Il est difficile de lutter contre une équipe qui gagne, beaucoup souhaitent le rejoindre immédiatement.
Une fois encore ce dimanche, le Réveil a gagné. Depuis l’avènement d’André comme partenaire du club, ils voient les victoires s’accumuler. Ils ont maintenant sept points d’avancent sur le second. Tout ce qu’il touche se transforme à son avantage. Le village est en ébullition, mais les élections ne sont que dans huit  mois, André se dit ;
« - Qui va doucement va longtemps. »
Il ne souhaite surtout pas brusquer les choses. Arriver chez lui, il pousse la porte de sa maison où la famille l’attend pour dîner.
Germaine :
« - Tu es en retard, les gosses ont faim. »
André en souriant :
« - Ils ont peut-être faim, mais qu’ils pensent que d’autres n’ont rien à manger, ces dix minutes d’attente leur paraîtront raisonnables. »
La grand-mère :
« - Ces choses n’ont rien à voir, l’heure c’est l’heure. »
André :
« - Alors, qu’ils mangent dit-il en s’asseyant. Comment s’est passé la journée ? »
Gros Sel ;
 « - Pour moi bien, pour Pierrot un peu moins, il a découvert que son amoureuse aura bientôt 75 ans, que nous partons chasser le mammouth, mais le pire est à venir. Il s’est rabiboché avec Tapioca par dépit et les merdes vont recommencer… »
Tous se marrent, seul Pierrot qui hausse les épaules, dégoûté.
Pierrot :
« - Papa, Le Professeur est venu à l’école faire une conférence, le maître était super content. Je lui ai dit que le Professeur était un de tes amis et que tu lui avais proposé de venir présenter le papillon, je crois bien que j’ai gagné un point de plus aux compositions tellement il a été content. Mais, je ne l’ai pas fait pour ça. »
André :
« - Je sais ton maître m’a téléphoné pour me remercier, La prochaine fois, préviens-moi j’aurai l’air moins con !
Germaine :
« - André, surveille ton langage à table, tu ne te confesses même pas, n’exagère pas, s’il te plait. »
André :
« - Ton Professeur s’est aussi présenté à la gendarmerie et ils ont reçu l’ordre de le protéger, couvert par un dossier top secret. Il vient s’installer dans le village.»
Pierrot : 
« - Je sais papa.»
André un peu énervé:
« - Comment sais-tu ?...tu sais… Mais, que sais-tu encore ? Toi, le malin… »
Pierrot excité :
« - Tu l’auras voulu…Je sais que le Professeur est allé à la gendarmerie, je sais qu’il leur a dit qu’il venait habiter au village dans la maison aux géraniums, je sais que tu as écrit au docteur Melchior que vous avez rendez-vous lundi. Je sais également que tu as démissionné du parti et fais exploser le syndicat, ta cellule, je sais aussi que désormais, le chemin de la mairie, du Conseil général te sont ouverts. Je sais et mon petit frère aussi le sait. Attention Papa, pierre qui roule n’amasse pas mousse. Entoure toi d’une équipe sérieuse et méfie toi de certains…Ils te planteront dès que tu auras le dos tourné. À partir de ce soir, ne fais plus confiance à personne sauf à maman et à nous. Crois moi Papa. Ah, j’oubliais, en début de semaine, le maire va t’appeler, il veut négocier avec toi pour la mairie. »
André :
« - Le Maire, tu es fou, il ne me parle plus depuis la dernière grève. Il n’a jamais digéré l’augmentation qu’il a dû faire.
Pierrot :
« - Donc il sait qu’il peut te faire confiance, les deniers municipaux seront dans de bonnes mains. N’étant plus communiste, il n’a plus aucune raison de te faire barrage, bien au contraire.
André,
« - Mais, comment es-tu au courant d’autant de choses ? Je suis sûr que ta mère n’a pas su garder sa langue. »
Germaine :
« - Ne recommence pas ta suspicion maladive, je n’ai pas vu Pierrot de la journée, il vient juste de rentrer.
Gros Sel :
« - Moi je le sais, il s’est assis sur le bord de la margelle du puits, devant chez le Professeur et il a regardé le ciel. Je l’ai vu, il lisait dans le ciel…
Germaine et la grand-mère se signent en s’écriant :
« - Par la vierge Marie, priez pour lui. »
Pierrot :
« - Maman, j’ai faim, sers nous quelque chose à manger. »
La grand-mère :
« - Ça ne m’étonne pas, ils ont rien avalé ce midi, j’ai retrouvé le sac intact. »
Germaine :
« - Tu sais Pierrot que je ne veux pas que vous restiez toute la journée le ventre vide ! »
Pierrot :
« - Nous avions beaucoup de travail, aujourd’hui et, Monsieur le Curé voulait que tout soit terminé pour cinq heures. »
André :
« - Il a eu raison tout doit être prêt pour sa fête. »
Germaine le regarde, et ne peut s’empêcher de se dire, qu’il évolue encore plus vite que les enfants.
Le repas est avalé selon les bonnes habitudes, et André se range aux thèses de son fils. Tout semble passer par lui désormais, les idées, les choses à faire et une certaine organisation. Tout ce qu’il dit se réalise. Comme il devine tout, c’est plus facile de se préparer. C’est un fin stratège. Il doit l’écouter encore davantage.
Pierrot à son père:
« - Demain à ta réunion, un dernier conseil, fais profil bas, ne les attaque pas et accepte tout, tout et tout, ne discute même pas, laisse les manœuvrer, tu auras ensuite carte blanche. Vous avez exactement les mêmes idées, vous n’avez pas les mêmes façons de les expliquer. Ils cherchent un maire honnête, courageux, dynamique, ils veulent que ce soit toi. Ne gâche pas cette chance, fais moi confiance Papa. C’est mon cœur qui te parle.
André est secoué et Germaine à des larmes dans les  yeux.
André :
« - Je te le promets mon fils, pour une fois tu mérites bien que je t’écoute. »
Pierrot :
« - Je suis fatigué, je vais dormir. Nous n’avons plus rien à craindre, je n’ai plus qu’à surveiller papa et bosser à l’école pour être le premier, bonsoir je monte me coucher.
Gros Sel :
« - Attends, je monte avec toi. »
André va faire son petit tour quotidien, Germaine range et tous très vite, se retrouvent dans les bras de Morphée.
Pierrot essaie bien de chercher la Goulue, mais quelques secondes plus tard, il se retrouve dans les bras de la grand-mère de Tapioca. Très vite, il essaie autre chose et se met à rêver à de nouvelles aventures dans le ciel du temps.
Le lendemain matin, tous ont leurs occupations matinales et les enfants viennent de partir à l’école. Tapioca est passé chercher Pierrot et tous les trois sont partis la fleur au fusil. Ce soir, le maître donne le résultat du mois et la lutte fratricide est terminée. Vendredi, il y a eu le chant, seule cette note va les départager.
Habillé comme un dimanche, André est prêt à partir. Il a sa serviette sous le bras comme un directeur de l’usine. La voiture est rutilante de propreté. À six heures ce matin, il était entrain de la briquer. Après avoir vérifié les soins des vaches, il est rentré à la maison pour se préparer. Il a déjeuner, puis il a pris sa douche, s’est lavé les cheveux et rasé  de près. Il a enfilé les vêtements que Germaine lui a repassés. Ses chaussures sont comme pour aller à la messe. Il choisit de porter une jolie cravate claire et descend beau comme un jeune marié, ce qui ravit les 2 femmes. Elles ne manquent pas de le souligner, l’une comme l’autre.
À neuf heures cinquante, il monte dans sa voiture et part en direction du château. En passant devant la maison aux géraniums, il ne peut s’empêcher de tourner la tête et…, il aperçoit Professeur de la Fenière qui sort de chez lui pour faire quelques pas dans le village. Vu l’heure, il ne peut même pas s’arrêter et lui parler. Mince, se dit-il je n’ai pas de chance. Mais je sais qu’il habite ici, j’irai sonner à sa porte et je me présenterai à lui. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il aura beau sonner, le Professeur dort au château dans une très belle chambre et pas dans cet endroit de composition. Il pourra toujours sonner.


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