vendredi 12 mai 2017

André fête sa première victoire contre le conservateur.... Épisode 58


André :
Ah ces fonctionnaires, ils se croient tout permis ! Vous me demandiez ce que vous pouvez faire pour moi ?
Les gendarmes en chœur :
« - Oui, nous devons nous faire pardonner notre négligence. »
André éclate de rire et va son buffet, il ouvre la porte et sort sa meilleure gnaule.
André :
« - Il nous reste à boire un coup parbleu, c’est ma meilleure, je ne la sers que dans les grandes occasions. Ce n’est pas tous les jours que vous passez à la maison. »
Les gendarmes :
« - Ah non André, nous sommes en service. »
André :
« - Pas à moi les gars, vendredi au carrefour de Tout-y-faut, j’ai livré 200 kilogrammes de pommes de terre nouvelles, je suis passé par l’arrière pour aller aux cuisines et j’ai aperçu au bar, accoudés devant deux petits blancs, deux beaux perdreaux en tenue.
Les gendarmes en riant :
« - Pardon André, mais à cinq heures, le service routier est terminé, sauf mission spéciale de notre Chef chef. »
André :
« - Sauf mes amis que j’ai livré à 15 heures. C’est facile à contrôler, j’ai été bloqué au passage à niveau de la lignate pour le passage du train.
Les gendarmes éclatent de rire :
« - Chut André, il ne faut pas le répéter, c’est top secret. »
Germaine a posé les verres sur la table.
« - André y verse son élixir de santé, dont ils sirotent avec délectation les saveurs. Dès qu’ils sont vides, André les remplit aussitôt.
Les gendarmes :
« - Ah André, tu nous surprendras toujours. »
André :
« - Germaine, prépare deux bouteilles pour nos amis. Tu les caches dans un journal. Mes cadeaux ne regardent personne. Ils pourront les déguster tranquillement chez eux. »
Les gendarmes :
«  André, tu n’es pas obligé. »
André en riant :
« - Celles-là n’ont pas été déclarées, il faut bien que je m’en sépare…»
Les gendarmes rient de bon cœur du bon mot d’André.
Germaine :
« - Tu es gonflé de leur raconter ça … »
Les gendarmes :
« - Oh Germaine, ne vous inquiétez pas inutilement, il n’est pas le seul. Si nous avions que ce genre de problème, malheureusement, des délits bien plus graves sont de plus en plus nombreux…
Nous sommes payés pour faire notre métier et nous appliquons parfois malgré nous, les consignes que nos supérieurs nous donnent. Mais dis-moi André, c’est quoi exactement que cette histoire.
Nous n’avons rien compris, si le procureur nous demande quelques détails, nous sommes bien incapables de lui analyser le problème. Explique nous  bien l’ordre des choses, pour que nous sachions quoi lui répondre.
André volubile, explique de long en large, comment les évènements se sont déroulés, en fonction de ce qu’il en sait. Il s’arrange comme d’habitude pour devenir le personnage central de l’histoire. Il ne s'attendait pas du tout au final de ce soir.
Hier, il a même privé Pierrot de messe, pour qu’il puisse remettre l’ensemble des objets appartenant au Comte de la Fenière. Tenez dit-il voici la carte de ce fameux Monsieur, Germaine les a trouvé en rangeant la chambre des enfants ce matin.
Pierrot :
« - Maman, tu as encore fouillé dans mes affaires, je les avais cachées. »
Les gendarmes prennent la carte :
"- Merci André de la confiance que tu nous fais. Nous comprenons mieux pourquoi le Conservateur a outrepassé ses droits. Il faut aussi le comprendre, c’est la découverte de sa vie. Il n’a pas envie qu’elle lui échappe. Il va sûrement revenir à la charge après avoir constitué un bon dossier. Ce genre de type ne lâche jamais sa proie. »
Pierrot :
« - Maman je te faisais confiance, c’est fini. »
André :
« - Pierrot, ce n’est pas ta mère mais moi, qui ai insisté, et soit poli avec elle, surtout devant les gendarmes. »
Les gendarmes :
« - Nous n’avons rien entendu et du moment que tous peuvent confirmer que ce Monsieur existe réellemnt, qu’ils l’aient vu, qu’ils lui aient parlé, je ne vois pas ce que ce fonctionnaire peut faire, sauf s’adresser à lui. C’est par contre surprenant, que ce savant ait choisi Loulay et sa petite école pour montrer ses secrets.
André :
« - Vu le déroulement des évènements, ce doit être un original. Il aura préféré la compagnie d’enfants à la recherche d’un savoir que des intellectuels ou scientifiques bardés de diplômes inutiles, qui se prennent souvent pour le nombril de Jupiter. Mais, je le reconnais, c’est une sacrée avancée scientifique. Ceci explique cela. 
Les gendarmes.
"- André, il se fait tard, notre enquête est close avant d’avoir commencé, nous vous disons bonsoir, merci pour votre accueil et en montrant les bouteilles, nous les boirons à votre santé. »
Sur ce, ils quittent la maison sans se faire plus de souci. 
André à pierrot :
« - Bravo mon garçon, tu as vu juste en prévoyant la venue des gendarmes. »
Germaine :
« - Je te l’ai dit, fais lui plus confiance, mais tu ne m’écoutes jamais. »
André :
« - Heureusement que je les connais et avec le papier dicté par l’avocat, je leur ai cloué le bec à tous. »
Gros Sel n’avait rien dit jusqu’ici, il est resté silencieux, fidèle à sa tactique :
« - C’est un travail d’équipe papa. »
André :
« - Tu as raison mon fils, c’est un véritable travail d’équipe. Le team Hillairet and co vient de voir le jour. »  
Gros Sel :
« - Moi, ça me donne une autre idée Papa.
André :
« - Dis toujours mon fils au point ou nous en sommes, je peux désormais tout entendre. N’est-ce pas toi Pierrot qui me disait l’autre soir, qu’il n’y a pas de questions idiotes, que seules, les réponses le sont. »
Gros Sel insistant :
« - Hier, tu as fait un tabac en allant à la messe et tu as pu constater la tête que chacun faisait, à l’entrée comme à la sortie… »
André :
« - Oui et au parti, les choses n’ont pas traîné, j’ai eu ce matin avec Adrian une chaude conversation au téléphone et il me somme de m’expliquer par écrit. Il va avoir une réponse de ma part qu’il n’oubliera pas de sitôt… »
Gros Sel le coupant à son tour :
« - Papa ne me coupe pas s’il te plait, ce sont tes affaires, moi je te parle des  affaires de notre famille, écoute-moi cinq minutes c’est important ,même si je suis le plus petit. »
André
« - Vas-y mon fils, je me tais jusqu’au bout. » 
Gros Sel :
« - Bien je vais pouvoir continuer. À la sortie, comme à ton arrivée dans son église, le vieux curé se croyait à Lourdes, à la place de Sainte Bernadette découvrant l’apparition de la vierge. Il en est resté la bouche ouverte. Imagine que si des mouches étaient passées à ce moment, il les gobaient toutes. 
À la pâtisserie, j’ai cru qu’ils allaient te demander des autographes, l’après-midi au foot ce fut l’apothéose, tu deviens commanditaire du club, tu leur offres deux mille francs de primes, ils gagnent et tu deviens leur coqueluche, leur porte-bonheur et la nouvelle vedette du club.
Tous les copains m’en ont parlé à la récré. Ce soir, ce sont les flics qui prennent ta défense, tes enfants sont parmi les meilleurs de leur classe et grâce aux photos du papillon, tous les journaux locaux vont parler de toi dans un peu moins de Quarante huit heures. Nous sommes loin de la vilaine dispute de l’autre soir, tu ne croîs pas ?
André :
« - Voilà le benjamin des Hillairet qui s’en mêle, mais je ne connais pas toujours pas ton idée lumineuse mon fils… »
Gros Sel :
« - Pierrot dit toujours, qui ne dit rien consent, donc je considère que tu d’accord avec mon analyse. Je continue. Tu as fait la paix avec tout le monde sauf un. C’est le moment d’en profiter, il pourrait peut-être t’aider à devenir maire de Loulay, payer ta campagne électorale. Il est riche, intelligent. Moi, je dis les choses comme je les pense pour te rendre service. »
André :
« - Faire la paix avec le Maire certainement pas. Cela fait plus de vingt ans qu’il exploite le village et ses ouvriers. Ils sont sous payés. Je vais le battre cette fois aux élections et je serai un maire élu par le peuple.
Pierrot :
« - Justement Papa, je ne crois pas que Gros Sel veuille parler de Monsieur le Maire actuel, j’ai plus l’impression qu’il pense à quelqu’un d’autre. Qu’en pense-tu Gros Sel ? Je ne suis pas à sa place, mais je sais que Gros Sel est plus malin que cinquante renards réunis, si nous sommes un team, une équipe, écoute le jusqu’au bout.
Gros Sel en se marrant:
« - Pierrot, pourquoi cinquante, c’est un minimum j’espère. »
Germaine :
« - Il a raison, nous ne l’écoutons jamais, il est le plus petit, mais il a aussi de très bonnes idées. »
André :
« - Si toute la famille s’en mêle. Je t’écoute mon fils quel conseil as-tu à me donner ? »

Gros Sel fier de voir la famille l’écouter, donne un coup de pied à Pierrot sous la table et dit :
« - Je me demande ce que ferait comme effet sur les gens du village si tu traversais le village, à pied, en discutant gentiment avec le docteur du château, il te ramènerait à la ferme et vous iriez ensemble au conseil municipal avec la grosse Bugatti…»
Germaine en entendant ces mots se signe et la grand-mère l’imite aussitôt :
« - Mon Dieu, protégez le, mon fils est fou, il est possédé par le démon. Par la Madone André, surtout ne l’écoute plus. »
La manière dont Gros Sel a tourné son argumentation a plu à André. Il s’est éclaté de la façon dont il a évité les provocations et mis son père devant des évidences dont il ne peut nier leur authenticité, ni leur intérêt...
André :
« - Tu fais fort Gros Sel ! Viens là mon fils. Ta stratégie est digne d’un général. Je dois y réfléchir, mais c’est loin d’être idiot. Le plus dur sera d’entrer en contact avec lui, plus personne ne lui parle. Je me vois mal aller sonner à sa porte sans y être invité.
Pierrot :
« - Il y a plus simple. Fais lui une lettre gentille, excuse-toi pour ton comportement passé, tu viens de faire davantage avec Monsieur le curé. Avec lui tu t’es même complètement compromis. Dis lui que tu souhaites une rencontre discrète pour t’expliquer avec lui, que le communisme t’avait bouché les yeux, que tu les quittes et que pour toi, l’heure est à la réconciliation générale. 
André :
« - Abandonner les camarades jamais, je n’en ai pas le droit. »
Pierrot :
« - En allant à la messe tu as fait la promesse de revenir, tu ne peux plus faire machine arrière, tu as déjà perdu la confiance de ton parti. Si tu retournes une nouvelle fois ta veste, tu seras mort politiquement. Arrête de donner des primes au Réveil, c’est de l’argent jeter par la fenêtre. Plus personne ne pourra te faire confiance, et tous nous serons déçus. »
André est secoué par les paroles de Pierrot
Germaine :
« - C’est quoi cet argent pour le football dont vous parlez  ? »
André :
« - Je t’expliquerai, c’est une vieille promesse que je tiens. »
Pierrot reprend la parole :
« - Papa, soit moderne, montre l’exemple comme tu l’as si bien fait hier, regarde, tous étaient admiratifs, le communisme et le sang versés ne font plus rire personne, il ne séduit plus, c’est fini. Les passions des jeunes sont dans le monde moderne, la consommation, l’évolution, la reconnaissance, les voyages, l’information le partage des richesses de la production et la liberté de vivre, de voyager de choisir son chemin. Tu dois lui écrire et lui demander un rendez-vous. Soit il l’accepte, soit il le refuse. Tu n’as rien à perdre. De toute façon à la lecture de ta lettre, il va appeler Monsieur le curé et lui demander son avis, ils sont culs et chemise, ils s’appellent plusieurs fois par jour et se rencontrent chaque matin pour la messe de 7 heures au château.

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