samedi 22 avril 2017

Photos de stars pour la star des photos......................Episode 50


Pierrot :
« - Papa, il était 17 heures 37 exactement, tu as sorti ta montre de ta poche et tu l’as mise à ton poignet, mais tu as fait tombé quelque chose à terre que tu as ramassé. Je ne peux pas le distinguer, mais je pense que ce sont les clefs du tracteur… »
André touché, coulé, reconnaît :
« - C’est exactement la vérité, mais comment fais-tu. »
Il se lève pour boire un verre d’eau ce qui est rare et dit :
« - Je crois qu’effectivement, il est temps que nous parlions tous ensemble. Mon Fils a le don de double vue, il voit les choses sans être présent, si je m’attendais à ça ! »
Germaine et la Grand-mère sont à leur tour complètement abassourdies par la révélation de Pierrot. Il a un don de double vue et voit les choses même quand il n’est pas là…L’une et l’autre se signent immédiatement en disant :
Germaine implorant jésus :
«  - Doux jésus, je vais dès demain, en parler à monsieur le curé et brûler un cierge pour sa santé… »
André :
« - J’ai juré à Pierrot de me taire, c’est aussi valable pour toi et grand-mère. La connaissance du don de Pierrot doit rester dans la famille. »
Germaine et la Grand-mère en se signant à nouveau :
« - Comme tu le veux André. »
Pierrot regarde son père s’asseoir:
« - Papa, je suis encore petit, faisons la paix, moi j’ai envie de bien travailler à l’école, pas de me battre avec toi. Gros Sel n’a que des très bien sur ton cahier, personne ne l’a remarqué parmi vous.
André gêné de la leçon regarde Germaine :
« - Pourquoi tu ne m’as-tu rien dit, »
Germaine :
« - Je ne m’en suis aperçu que ce soir en regardant son cahier. La maîtresse a même écrit un mot sur son cahier pour le féliciter la semaine dernière.
André :
« - Gros Sel, viens là »
Gros Sel se lève et va auprès de son père et qui le prend dans ses bras et l’embrasse avec tendresse.
André :
« - Bravo mon fils, mais il faut continuer. »
Gros Sel :
« - Tu as raison, je dois travailler si je veux être astronaute. »
André :
« - Quoi ? Tu veux devenir astronaute comme Gagarine ? »
Gros Sel :
« - Non Papa, comme Amstrong, mais moi je veux pouvoir remonter le temps. »
André en riant :
« - Amstrong, Aldrin Ah non, pas les Américains. »
Gros Sel :
« - Si Papa pas les communistes ! Ils font trop de mal à notre famille, tu penses plus à eux, qu’à nous !
Venant de son fils, André prend un nouveau direct et bien qu’il ne réponde rien, celui-là, lui fait très mal…
Le papillon regarde cette scène. Il a pris soin de gazer un peu l’ambiance par sécurité et éviter la scène d’hier soir. Calmés, ils parlent tous tranquillement et la situation semble totalement maîtrisée. Tous sont assis autour de la table.
André :
« - Depuis quand, as-tu ses pouvoirs Pierrot ? »
Pierrot :
« - Depuis une dizaine de jours, je sais où il faut être quand les choses se passent.
Je vois devant mes yeux des choses importantes que je ne devrais pas voir comme celle d’hier. Je ne peux rien te dire d’autres, ce n’est peut-être que passager, une coïncidence…Ou une prémonition pour éviter des problèmes, comme un sixième sens »
André,
« - Je vais m’expliquer à moins que tu ne le saches déjà Pierrot. »
Pierrot :
« - Non je n’ai pas eu le temps de me poser la question. »
André :
« - Tu auras donc la réponse par ma bouche…Mais en attendant, que faisons-nous avec les journalistes ? »
Pierrot est satisfait de l’évolution des choses.
« - Il serait bon que tu nous expliques tout. Ensuite nous en discuterons ensemble. Les choses fonctionnent de cette façon en Russie démocratique Papa, donc  nous te laisserons au final, prendre la bonne décision en ton âme et conscience. La famille la respectera, moi le premier. »
André semble soulagé et détendu. Il raconte son entrevu avec le journaliste :
À la bibliothèque, j’ai rencontré Monsieur Galet, il m’a demandé ce que je faisais là. La photo était sur la table, il l’a regardée et m’a dit :
Monsieur Galet :
« - Qu’il est beau, il doit être très rare, de quelle espèce est-il ? »
André :
« - C’est un papillon que mes enfants ont trouvé et je lui ai raconté ce que je sais de votre histoire. »
Puis, il m’a posé quelques questions.
Le journaliste :
« - Je suis naturaliste à mes heures de liberté, j’aime la faune et la flore, ce sont des passions qui remontent à ma jeunesse. »
André :
« - Pris au dépourvu, il a été au départ plus intrigué par la cage que par le papillon et m’a demandé une photo pour son journal. Je n’ai pas su lui refuser. Il est si gentil et j’aurai besoin de lui pour les élections… »
Germaine le coupe :
« - Ne mélange pas les choses André, le Papillon c’est la vie de notre famille, les élections, c’est une passion en dehors de la maison.
André :
« - Tu as raison, je continue donc, Monsieur Galet prétend que la cage a dû tomber d’un camion de déménagement ou de celle d’un transport d’animaux rares. Il pense qu’un chien ou un renard l’aura tiré dans un champ pour le tuer. Devant la résistance de sa cage, il aura abandonné sa proie là, où vous l’avez trouvé. Demain, il fera une photo pour son journal avec un petit article. Il n’y a pas de quoi, en faire une montagne.»
Pierrot :
« - Bien Papa, prends tes responsabilités, tu ne sais pas encore ou cette photo risque de nous conduire, Moi si.  Vous prenez un risque dont vous ne mesurez pas la portée, et toi aussi Maman avec ce que tu as fait aujourd’hui.
Vous avez décidé, vous serez tous les deux en première ligne, il faudra assurer derrière. Un homme averti en vaut deux. Tu es de son avis Gros Sel, on les laisse faire ou nous cachons le papillon dans notre grotte ? »
Gros Sel en riant :
« - Cache le dans ton étoile ce soir, La Goulue le gardera. Mais ce sont nos parents, ils devront assurer comme tu le dis, nous ne sommes plus à un dinosaure près. »
André éclate de rire devant la boutade de son fils:
« - Toute cette discussion m’a creusé, j’ai faim Germaine. Tu m’expliqueras aussi, ce que tu as fait aujourd’hui et qui semble ennuyer Pierrot. »
Germaine :
« - Pour moi, pas c’est peu, pour lui c’est erreur. Je vais t’expliquer. Voici la soupe pour commencer et grand-mère a préparé un plat de tomates farcies, elle vous gâte. »
Elle amène une pleine soupière de soupe fumante et odorante pendant que la grand-mère finit de mettre la table. Germaine s’assied et raconte sa visite au musée. Monsieur Brunet, lui a promis de restituer les objets, dès samedi en venant à Loulay.
André :
« - Je ne vois pas ce qu’il y a de dérangeant, à moins que vous n’ayez dévalisé un musée. » 
Papa :
« - Si les gens du musée font bien leur travail, tu auras la télévision dans la cour dans moins de quinze jours. C’est pour cette raison que je n’ai rien dit, mais le papillon va nous aider à nous en sortir, il fera diversion. Je ne peux plus rien faire, les os et la dent sont déjà chez le conservateur du musée. Les choses me dépassent désormais. Nous allons devoir jouer avec les journalistes, en attendant la curie.»
André :
« - Germaine, notre fils est fou. La télévision viendrait dans ma cour et pourquoi pas le pape ?... »
Et, il éclate de rire pendant que Germaine sert la soupe. La soirée se termine comme souvent. Après le dîner, tout le monde ou presque va au lit.
Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, l’adage encore une fois se vérifie. Ce soir, c’est une famille heureuse qui monte se coucher et s’endort, bercée par de doux rêves qu’ils entrevoient déjà, chacun à leur manière.
Les choses peuvent changer plus vite que l’on souhaite, surtout si nous utilisons les bons boutons. Ils ne savent pas encore à quel point ces jeux vont changer leur vie…
À six heures, la cloche égrène ses six coups. André se réveille et descend la chemise ouverte, en chaussettes et déjeune de bon appétit.
Aujourd’hui, il va devenir une vedette locale. Peut-être va t-on lui proposer une forte somme pour ce papillon géant.
André à Germaine :
« - Où est le papillon, Monsieur prend sa douche ?
Germaine :
« - Les enfants ont dû le monter dans leur chambre comme chaque soir. À neuf heures, ils seront à l’école. Tu auras tout le temps de parader devant la presse et de préparer les dessous de ton élection à la mairie. »
Après son petit-déjeuner, il vaque à quelques occupations matinales, fait manger ses bêtes et le temps passe très vite. Il aperçoit les enfants qui partent à l’école. Ils le saluent de loin, leur cartable sur le dos.
Désormais il se sent détendu et va pouvoir enfin montrer au village qu’il n’est pas uniquement un cultivateur. Vers 9 heures, il entend la voiture des journalistes et du photographe entrer dans la cour.
Goguenard, il va les accueillir et leur offre le café.
André :
« - Germaine s’il te plaît sert le café à Michel et son ami. »
Germaine :
« - Ah, dit-elle, ils sont déjà arrivés. Bonjour, Mr Gallet. 
Monsieur Galet :
« - Bonjour Germaine. Comment allez-vous ? »
Germaine sert le café, pendant que  le père André sort de son buffet centenaire à forte odeur de cire, une fine d’alcool de sa fabrication.
André :
« - Tu ne la connais pas, Michel, celle-ci… C’est une vraie, je l’ai brûlée l’année dernière. Elle a un an de fût de chêne neuf, je l’ai mise en bouteille, il y a 8 jours, tu m’en diras des nouvelles ! »
Il sert une rasade à chacun, et d’un coup de coude et de langue, elle s’engouffre au plus profond de leur gosier. Ils claquent leur langue et pousse un soupir comme pour exprimer un regret.
Monsieur Galet :
« - Cette gnaule est formidable, tu devrais nous en vendre. »
André :
« - Oui, c’est ma vigne des terrains Daniau tout en bas, le raisin n’est pas assez bon pour faire du vin, alors, je le brûle au moins deux fois. Il est fort en alcool, bien équilibré en sucre. Je le laisse vieillir un an dans une barrique de chêne qui a été utilisée avant pour faire vieillir du sauternes et voilà.
Le photographe :
« - C’est une belle réussite bravo. Et si nous parlions du papillon, c’est pour ça que nous sommes venus, non ? »
André :
« - Oui, Germaine, peux-tu amener notre Roi ? »
Germaine :
« - Il doit être dans la chambre des enfants. J’y vais. »
André :
« - Sans doute, ils ne l’ont pas descendu ce matin. »
Germaine monte dans la chambre des enfants, et ressort avec la cage recouverte de sa protection noire. Elle redescend l’escalier et pose la cage sur la table.
Le photographe demande que l’on ferme un peu les volets pour que la pièce soit dans la pénombre puis, il prépare son appareil et lui met un énorme objectif. 
Le photographe :
« - Voilà je suis prêt, nous pouvons commencer.»
Avec délicatesse, sûr de son fait André retire la serviette et le papillon apparaît dans toute la splendeur de sa solitude. Il est noir, marron, vert par endroits. Quand il ouvre ses ailes un Oh ! d’admiration sort de leurs bouches, car en vérité c’est la première fois que les uns comme les autres le regardent avec autant d’attention.
Au premier éclair, le papillon prend peur et se referme sur lui-même immobile.
Très vite, le photographe comprend qu’il n’en tirera plus rien ici. Les éclairs lui font peur. Il sort la cage dans la cour, en pleine lumière et quelques minutes plus tard, la bête se pavane sous les rayons chauds du soleil matinal.
Pendant presque une heure, il suit les mouvements de l’animal satisfait de se retrouver en plein air. Sans les éclairs de son appareil, il peut coucher sur sa pellicule un grand nombre d’expressions, toutes plus belles les unes que les autres, pendant qu’il se prélasse, insensible à l’agitation du photographe autour de lui.
Pendant ce temps, André parle avec son ami journaliste. Il ne peut que lui raconter que ce que les enfants ont bien voulu lui dire. Les connaissances de Michel Gallet du monde naturaliste lui assure qu’il détient une pièce unique, inconnue et qu’il va intéresser beaucoup de monde.
Il a déjà évoqué son existence avec le jeune directeur des espèces conservées au zoo de Chizé, et celui-ci souhaite le voir. En voyant la photo qu’André lui a confiée à la bibliothèque, il lui a répondu :
« -  Cette photo est un montage, il ne peut pas exister, c’est un papillon préhistorique. Il est inconnu à notre répertoire, et les papillons sont une de mes spécialités. »
Je lui ai dit :
« - Mais il est vivant »
Et il m’a répondu : 
« - Ce doit être un montage de photographe, c’est impossible,
je connais mon travail. »
La cage l’a par contre impressionné et je crois qu’il va se déplacer, surtout quand il verra les photos.
Le journaliste :
« -Je pourrais parler avec les enfants ? »
André :
« - Il va falloir être prudent, les enfants ont peur qu’on leur prenne leur papillon, ils risquent de se braquer, nous avons eu deux soirées difficiles pour qu’ils acceptent que vous veniez. Nous devons les préparer, ils sont jeunes. Je vous préviendrai.
Les photos étant terminées, Germaine rentre le papillon dans la maison, et le recouvre de sa toile  pour éviter, que les mouches encore nombreuses à cette époque, ne viennent le déranger. 
Les journalistes et le photographe prennent congés et chacun s’en va terminer les tâches quotidiennes commencées.

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