samedi 1 avril 2017

Le retour vers le départ.................................Episode 42



Umaguma donne le signal du départ et le cortège s’ébranle. Devant quelques guerriers ouvrent la marche suivis de l’Ancien au centre, d’Umaguma à sa gauche et du Docteur Melchior à sa droite juste derrière marche Uma tenant par la main la Peste et Tapioca pendant que Pierrot et la Goulue encadrent Bec de lièvre, Moule à gaufre, Gros Sel , Saucisse et Gros Lard, eux aussi entourés de tous les enfants du village. 
Derrière à quelques mètres suit le reste du village emmené par le Grand conseil qui disserte sur les évènements de ces dernières heures mais tous sont en attente de découvrir comment les choses en bas se passer et à quoi ressemble cet oiseau miraculeux qui peut s’envoler vers le ciel.
Le problème pour les enfants du village, c’est la communication et seuls les umagums ont mis au point un début d échanges verbaux qui fonctionnent assez bien et ils arrivent à se comprendre. Ils sont donc obligés de passer par eux et ces derniers évitent jalousement et le plus possible qu’une communication directe  s ’établisse entre eux.
Peu à peu le ciel s éclaircit et ce qui n ’était qu ’ombres discrètes et invisibles devient un ballet grouillant d ’une longue horde qui déambule à travers les roches énormes qui décorent les pentes de la montagnes au sol asséché et brûlé par le soleil. 
Dès que l’ aube apparaît les premiers oiseaux prennent leur envol. Bien qu’il fasse encore frais, ils savent que c est l’heure où les animaux vont se rafraîchir et faire leur provision d ’eau pour la journée. 
C’est l heure où beaucoup se déplacent c’est donc pour eux l ’heure de la chasse. Ils remarquent de suite la longue procession de la troupe d’Umaguma et se postent en vol plané juste au-dessus à quelques centaines de mètres.
Puis plusieurs viennent se poser sur les rochers de chaque côté de la troupe en position d ’attaque. Ils sont bientôt rejoints par des dizaines d’autres qui se disent que vu le nombre la chair à pâté risque d’être bonne.
Gros Sel :
«  - On dirait de gros corbeaux, tu as vu la grosseur de leurs serres j’ai pas envie qu’ils m’attrapent « 
Ils sont encore à au moins 30 minutes de la forêt et les oiseaux savent que s’ils veulent les attaquer c’est dans cette partie, après ce sera trop tard.
Le Docteur Melchior qui pense au danger :
«  - Mais je croyais qu’ils ne se levaient pas avant dix heures… »
Umaguma :
- « Pas ceux là, ils chassent pendant une ou deux heures et disparaissent. Vers dix heures ce sont les gros qui arrivent et ceux là le savent, ils s’en vont bien avant sinon il seront déchiquetés par les autres. 
Pierrot :
«  - Mais ils se préparent à nous attaquer »
Le Docteur Melchior :
" - Oui mais ils ne sont pas assez nombreux, regarde à mesure que nous avançons le dernier repasse en tête, tant qu’ils ne seront pas une centaine il n’y a pas de danger. 
Mais chaque minute qui passe voit arriver d’autres oiseaux et cela inquiètes Le Docteur Melchior bien que les guerriers Gums aient resserré les rangs et couvrent chaque mètres de terrain disponible avec leurs sagaies à la main. 
Le premier qui approche sera transpercé immédiatement, mais ils devront ne pas lâché leurs sagaies sinon ils se retrouveront sans défense. C’est ce que doivent penser les oiseaux et c’est pour cette raison qu’ils attendent. 
Connaissant les habitudes des chasseurs ils enverront une première vague d’attaque pour les désarmer et les autres seront libres et sans danger. Ils doivent donc être plus nombreux. 
Un conciliabule s engage entre Le Docteur Melchior et Umaguma…Il explique qu ’il a un outil qui crache le feu et la mort il fait beaucoup de bruit. Il va tiré en l ’air pour effrayer les oiseaux et ils vont s’envoler. Il ne les tuera pas sauf s’il reviennent trop nombreux. Mais attention que Les Gums se passent le mot, il va y avoir un grand bruit qui ressemble à celui que fait le tonnerre un jour d’ orage, ils ne doivent pas quitter la troupe, il n ’y a aucun danger pour eux que tout le monde reste grouper car les oiseaux pourraient foncer sur eux, que personne ne bouge surtout. 
Umaguma fait arrêter la troupe et demande à tous de s’accroupir. Il explique que le bruit n ’est pas dangereux, c ’est la magie du Docteur Melchior pour faire fuir les oiseaux. Le temps qu ’ils reviennent il seront dans la forêt et s’ils reviennent avant ils recommenceront le bruit.
Chacun s’exécute mais tous se serrent les uns contre les autres. Les oiseaux sont perplexes à la vue de cette manœuvre. Le plus gros, toujours en tête depuis qu’ils sont là contemple la scène et ne comprend pas les raisons de cet arrêt et ce regroupement soudain de leurs futures proies. Plusieurs autres oiseaux le rejoignent et ils semblent donner quelques ordres qu’ils vont transmettre à leurs congénères. Le mot d’ordre semble être prudence et observations, pas d’attaques pour le moment.
C’est le moment que choisit Le Docteur Melchior pour agir. Il sort son fusil à trois coups en se disant sécurité oblige, que la mort de trois oiseaux ne changera pas la face du monde mais cela devient trop dangereux, ils sont devenus trop nombreux.
Il ajuste celui qui semble être le chef et ses deux compères à côté de lui. Il a mis dans la chambre des cartouches à sanglier avec de la chevrotine en guise de plomb. 
Elles vont faire un bruit énorme, tuer ou blesser à mort les trois oiseaux et les autres vont s’envoler. Sans chef, ils seront perdus et vont devoir se replier ailleurs pour se réorganiser. Cela leur  laissera suffisamment de temps pour se mettre à l’abri dans les sous bois.
Le Docteur Melchior :
«- Attention dans  10 secondes je tire…. » Pan pan pan trois cartouches sont tirées instantanément. La gerbe des plombs fait mouche et ce n’est pas 3 mais cinq oiseaux qui gisent agonisant au milieu des rochers et battant des ailes d’ une façon significatives pour un chasseur. 
Le bruit a été assourdissant, une odeur de brûlé s’envole vers le ciel et sans exception tous les autres oiseaux s’envolent à tire d’ailes vers le ciel. En quelques secondes les horribles bestioles sont à plusieurs centaines de mètres du sol et complètement affolées, désorganisées ne sachant plus quoi faire et fuyant cet endroit maudit pour elles.
Le bruit du fusil à trois coups du Docteur Melchior a résonné aux oreilles de tous et beaucoup ont des bourdonnements dans les oreilles, surtout que l’écho a colporté les bruits en les multipliant à l’infini. Les oiseaux partis, tous se relèvent et commentent l’événement à leur façon. Le Docteur Melchior range son fusil, mais garde les cartouches a porté de sa main. 
Umaguma ordonne un nouveau départ, le ciel est dégagé et les oiseaux sont loin. Umaguma a demandé à plusieurs de ses hommes d ’aller chercher les oiseaux morts, de ranger leur carcasses, de les cacher ils les reprendront au retour si quelques carnassiers ne les ont pas trouver avant. Ils l’ espèrent et leur garde manger va se remplir un peu plus.
Le Docteur Melchior, Umaguma et l’Ancien discutent. Ils leur explique comment fonctionne son arme. Il explique comment la poudre explose et entraîne par l’orifice du canon du fusil les billes de plomb en forme de gerbes viennent frapper l’ennemi ou la chose visée. 
Dans les animaux morts ils retrouveront les billes qui les auront tué. Il propose à Umaguma de lui laisser son fusil et ses cartouches à condition qu’il ne l’utilise que dans des cas extrêmes et uniquement pour se défendre, jamais pour attaquer qui que ce soit. Umaguma promet et symboliquement 
le Docteur Melchior lui remet son fusil et ses cartouches. Le manège est observé par tous et quand Le Docteur Melchior lui offre la machine qui tue les oiseaux à distance et qui crache du feu. Tous battent des mains et crient leur joie.
Le Docteur Melchior continue de donner des nouvelles du monde, comment les choses se font ailleurs, il les explique en prenant le soin de n’expliquer que des choses qu’ils peuvent comprendre et qui peuvent leur servir. Ce n’est pas la peine de leur parler de tout, ce serait perdre son temps. 
Il dit à Umaguma comment il doit s’y prendre avec ce qu’il va lui laisser. Il lui explique aussi comment tirer parti des choses de la nature. 
Les enfants ont commencé a communiquer entre eux et par gestes ils essaient dans la gaîté de s’expliquer l Leurs couteaux, leurs lunettes circulent de mains en mains, de nez en nez.
 Les Umagums veillent à ce que les objets ne disparaissent pas et reviennent entre les mains de leur propriétaire. Tapioca s’est fait une nouvelle copine en lui prêtant un pull qu’elle a aussitôt enfilé. Tout en marchant Uma regarde comment sont fait leurs vêtements, la toile tissée, les couleurs, les coutures, le fil et est bien décidé à essayer de faire la même chose.
 Elle donne ses lunettes à une autre qui ne comprend pas comment les verres peuvent changer la couleur de la lumière. Les lunettes passent de nez en nez et toutes s ’en amusent beaucoup. 
Les enfants de Melchior ont apporté dans cette tribu en quelques heures une nouvelle façon de rire, de voir les choses de la vie qui désormais va pouvoir dès leur plus jeune âge leur permettre de se fixer des objectifs beaucoup plus intéressants.
Ils arrivent avec soulagement à la lisière de la forêt. Le Docteur Melchior repère ses marques sur les arbres et en moins de 30 minutes ils regagnent la clairière où est caché la nacelle d ’osier contenant l ’Intemporel et ses artifices.
Umaguma fait placer les gens du village tout autour de la clairière. Les hommes d ’un côté et les femmes de l’ autre. Il ne garde avec lui que les Sages du Grand Conseil, l’Ancien et une dizaine de guerriers. Tous les autres sont placés en surveillance et en protection. Tous les enfants entourés de guerriers sont assis dans l ’herbe dans un coin de la clairière.
Le Docteur Melchior charge Umaguma de vider avec précaution la nacelle et de poser chaque chose en faisant une cercle autour de la nacelle. En moins d’un quart d ’heures les choses sont toutes déchargées. La nacelle est mise à nue.

Enregistrer un commentaire