lundi 10 avril 2017

Il est temps de tout remettre au point................ Episode 48



Dans la rue, Pierrot rattrape Gros Sel, le dépasse sans un mot, sa tête est ailleurs. Le petit essaie de le suivre en courant derrière son frère qui marche à grandes enjambées. 
Gros sel :
« - Attends-moi ! Tu marches trop vite ! » 
Pierrot :
« - Dépêche-toi, les autres vont nous attendre. » 
Arrivés devant le foyer rural, ils aperçoivent Tapioca, Gros Lard et Saucisse en grand conciliabule. 
Tapioca :
« - Salut les frangins, ça va, le papillon est toujours vivant ? » 
Pierrot :
« - Bien sûr ! »  
Gros Sel :
« - Comment s’est passé le retour à la maison ? » 
Saucisse :
« - Moi, j’ai dormi comme un loir. « 
Pierrot et Gros Sel en choeur:
« - Nous aussi. » 
Gros Sel :
« - Pourtant l'ambiance a été chaude hier soir à la maison. »
Tapioca :
«  - Tes parents vous ont disputé, puni ? »
Gros sel :
«  Non, c’est Pierrot, mon père parlait du papillon et Pierrot d'un seul coup s’en est pris à mon père, il l’a insulté, il lui a dit qu’il ne savait pas nous élever, qu’il était malhonnête et même un voleur. » 
Tapioca reste toujours rancunière :
« - Mais tu es malade Pierrot, c’est malin pour la suite, si tu es puni comment ferons-nous, c’est la Goulue qui te monte à la tête ? 
Pierrot :
«  - D’abord, laisse la Goulue là où elle se trouve, c'est mon problème pas le tien. » 
Tapioca :
« - Il me serait difficile de faire autrement, va, raconte… » 
Pierrot :
« - À ma grande surprise, mon père n’a rien répondu, il a tapé très fort sur la table avec son poing, il a mangé sans un mot puis il a quitté la table, il est sorti cinq minutes et il est monté se coucher. » 
Tapioca :
« - Mais pourquoi as-tu fait ça ? » 
Pierrot :
« - Hier après-midi en passant au-dessus des champs de mon père, il était là en grande conversation avec le véto, quand il a aperçu le ballon, il a fait un bras d’honneur au docteur Melchior. Je n’ai pas apprécié et je lui ai dit ma façon de penser. »  
Tapioca :
« - Quoi, tu lui as dit que tu étais dans le ballon et tu l’as vu quand il a fait ce geste, tu es complètement malade mon pauvre Pierrot. » 
Pierrot l’interrompt agacé :
« - Tapioca arrête de toujours m’interrompre, le docteur Melchior te l’a dit plusieurs fois c’est agaçant. Non je ne suis pas idiot, il croit que c’est le véto qui me l’a dit, comme j’étais parti, je me suis lâché. Je l’ai sonné, il s’est tu pour le reste du repas, plus un mot. Scotché le père.  
Tapioca :
«  À mon avis tu ne paies rien pour attendre, ou il a un plan auquel personne ne pense et il a besoin de toi pour le mettre en place. » 
Pierrot :
« - Ce soir après l’école, nous irons voir le docteur Melchior au château et nous lui dirons tout. En attendant, ne restons plus ensemble, et partageons nous, comme si nous ne nous entendions moins. Séparés, nous penserons moins à nos amis restés là-bas... et nous aurons le coeur plus gai. »
Tapioca :
« - Tu crois, je voudrais bien parler d’eux. C’est drôle de penser que ces gens vivent dans un autre monde que le nôtre. » 
Pierrot :
« - N’y pensons plus pour le moment et dépêchons nous, j’entends la cloche sonner, nous allons être en retard. Les maîtres sont devant l’entrée, ils arranguent les retardataires avant que la porte ne soit fermée à double tour jusqu’à midi. » 
La journée se passe sans problème. Ils font même tous preuve d’une certaine attention, peut-être justement pour ne pas penser. À cinq heures, ils se retrouvent sous les marronniers de la place du champ de foire et partent gaiement vers le château. 
Pierrot :
« - J’ai bien travaillé aujourd’hui, tout me paraissait facile. » 
Tapioca :
«- Moi aussi, j’ai tout su.» 
Pierrot :
« - Et vous les petits, comment s’est passé l’école ? » 
Saucisse :
« - Moi aussi, j’ai eu un bien et un très bien sur mon cahier. »  
Tapioca:
« - C’est la maîtresse la plus surprise." 
Saucisse :
« - Peut-être, mais moi, j’étais vachement content… »
Gros Sel et Gros lard ont également très bien travaillé et la maîtresse se rend compte des efforts de chacun d’entre eux. 
Tout en parlant, ils arrivent devait la grille principale. Pierrot tire la chaînette, et la cloche égrène son écho mélodieux. 
Aussitôt le jardinier apparaît :
«- Ah c'est vous ! Le docteur Melchior vous attend ? » 
Pierrot :
«- Non, mais nous voulons absolument le voir. »  
Ralph :
«- Ah ! Dans ce cas, il est dans le jardin, nous taillons les buis. » 
Ralph ouvre la porte et les laisse entrer. Ils l'aperçoivent, debout au milieu de la pelouse, son sécateur à la main et courent aussitôt vers lui. 
«- Docteur, docteur, » crient-ils en l’entourant, contents de le retrouver. 
Le docteur Melchior est surpris, mais heureux de les voir. 
Le docteur Melchior :
« - Mais ce n’est pas le jour prévu ! Je ne vous attendais pas si tôt, j’espère que vous avez fait attention, si on vous remarque nous aurons des histoires. » 
Tapioca :
« - Nous vous défendrons docteur Melchior, nous dirons la vérité, vous n’êtes pas ce que les gens racontent. Ils doivent savoir la vérité au village. »  
Le docteur Melchior :
« - Doucement, doucement les choses doivent s’expliquer. Paris ne s’est pas fait en un jour. Il ne faut jamais mettre les gens devant le fait accompli. Ne créons pas  de nouveaux problèmes dans le village. Les choses se sont calmées. Asseyez-vous autour de moi et commençons par le début, comment va notre papillon. Il est chez toi Tapioca ? 
Tapioca est étonnée que le docteur Melchior continue de l’appeler par son surnom :
« - Non docteur Melchior, il est chez Pierrot : 
Le docteur Melchior :
«  - Chez l’un ou chez l’autre, pour moi c’est la même chose. Donc Pierrot donne-moi des nouvelles. » 
Pierrot :
« - Je dois tout vous dire docteur Melchior. Hier à la maison, j’ai eu des mots avec mon père. La soirée, c’est très mal passée. Je vais vous tout vous raconter.
Pierrot raconte avec précision son altercation avec son père puis se tait. 
Le docteur Melchior en se tordant la barbe avec ses doigts :
« - C’est la réaction de ton père qui est la plus inquiétante. Tout d’abord, tu apprendras que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Mais parfois, et il me semble que c’est le cas ici, appliquées au bon moment, elles ont la magie de faire prendre conscience aux autres de la situation qu’ils ont provoquée.  
Il te reste deux issues possible... Le silence, tu ignores totalement ton père pendant quelques temps, mais ce sera la guerre. En échange, tu vas devoir travailler à l’école dix fois plus, ne plus quitter tes livres pour montrer à tous que tu as choisi une autre voie et que la sienne ne t’intéresse plus. Tu devras être irréprochable en compensation et, il ne pourra rien te dire. 
L’autre plus facile fera, que dès ce soir, tu vas devoir aller vers ton père et devant toute la famille, tu lui présentes tes excuses et tu parles avec lui. Tu entreprends cette discussion en présence du papillon. Tu ne le sais pas, mais il a des pouvoirs soporifiques, dès qu’il a peur, il dégage un gaz, c’est un  calmant. C’est sûrement, la raison du calme apparent de ton père.
Tu dois profiter de cet ascendant tu ne risques plus rien. Tu as pris un avantage sur lui, il te craint maintenant, il est déstabilisé, mais il reste  ton père. Tu dois respecter tes parents, tu auras besoin d’eux pendant longtemps. Ils sont des gros travailleurs même si ton père fait quelques erreurs de jugement actuellement, tu lui dois le respect et la reconnaissance. Nous sommes toujours gagnants en réagissant de la sorte. Savoir pardonner, partager, sont deux des grandes forces de la vie. Réfléchis, la balle est dans tes pieds.
Moi par contre, j’ai quelque chose à vous dire. Toute la journée, j’ai réfléchi, j’ai repris mes calculs et j’ai découvert le moyen de refaire le voyage que nous venons de faire, mais surtout d’en faire d’autres. » 
Les enfants en choeur :
« -Quoi ? ! « On pourra retourner voir Umaguma et sa famille? 
Pierrot à l'attention de Tapioca qui devient aussitôt rouge de colère :
« - Chouette je reverrai la Goulue.  
Le docteur Melchior n'y prête même pas attention et continue:
« - Pourquoi pas ! Moi, je crois que les dieux nous ont tracé une carte du temps avec des paramètres que je suis le seul à pouvoir déchiffrer. En équipant l’aéronef de certaines sécurités supplémentaires, nous pourrons tous ensemble, voyager à travers le temps passé, découvrir ce que fut le monde avant notre ère. 
Nous pourrons partager les grandes découvertes, la vie de grands hommes, l’origine des modes, des choses ou de l’art de vivre. » 
Les enfants reprennent en choeur :
«- Nous pourrons voir tout ça docteur Melchior vous en êtes sûr ? » 
Le docteur Melchior :
«  - Et oui, je vais refaire une nouvelle fois mes calculs, préparer les voyages, tracer des cartes, préparer l’Intemporel. Je vais même vous dire le lieu de notre prochain voyage. Nous pourrions aller découvrir l’époque des pharaons et des grandes pyramides. 
Tapioca :
« - Nous irons à Bethlehem voir Jésus ? » 
Le Docteur Melchior en posant un doigt sur ses lèvres :
« - Tapioca, il va falloir réapprendre ton histoire et ses époques.  Dans trois semaines, ce sera les vacances de la Toussaint, nous partirons. En attendant, je vais réparer l'Intemporel. Vous irez à la bibliothèque, essayez d’en apprendre plus et de vous documenter sur cette période. Il ne vous reste que peu de temps. »
Gros Lard:
« - Saucisse et Gros Sel érudits d'histoire, je veux être là pour voir ça. »
Les deux ensemble
« - Oh Gros Lard balaie devant ta porte, tu n'es pas meilleur que nous. »
Gros Lard:
« - Je rigole... »
Le docteur Melchior:
« - Maintenant, c’est l’heure de rentrer chez vous et de reprendre le travail à fond. Ah j’oubliais, prenez bien soin du papillon. Il vous sera utile. Et, n’oubliez pas, c’est le travail qui prime désormais. » 
Pierrot :
« - Il va bien docteur Melchior, nous en prenons soin, mon père n’a rien compris, mais le papillon lui tout. »
Le docteur melchior :
« - Ne porte pas de jugement Pierrot, c’est à la fin que les choses se jugent, jamais au début. »

A Suivre 
Enregistrer un commentaire