samedi 26 novembre 2016

Les mots et expressions "de la table


>Pourquoi dit-on "Mettre la Table"?
On vous l'a fait à coup sûr : Au cher bambin à qui l'on demande d'aller 
mettre la table, le sale gosse de répondre "D'accord mais je la mets 
où ? " . En fait c'est lui qui à raison, au Moyen âge, on mettait réellement 
la table, c'est à dire qu'on installait des tréteaux sur lesquels on posait des 
planches...

Pourquoi dit-on "mettre le couvert" ?
Jusqu'au 15e siècle, il était d'usage de "servir à couvert", c'est à dire de 
couvrir d'une grande serviette blanche les plats et les mets exposés sur la 
table ou sur le dressoir, afin de montrer aux hôtes que toutes les 
précautions avaient été prises pour éviter un empoisonnement. 
De là, l'expression "mettre le couvert" pour dresser une table, qui 
s'appliqua ensuite au repas lui-même: "avoir son couvert mis chez 
quelqu'un", c'est d'y être reçu pour déjeuner ou dîner.

D'où vient l'expression " Entre la Poire et le fromage" ?
La scène du banquet dans le château fort, ou l'on voit tous les convives, 
s'empiffrer de carrés de viandes tandis que d' affriolantes servantes 
remplissent les verres de moult breuvages est 
complètement fausse. L'ordonnancement du repas était profondément 
différent. Les pauvres eux mangeaient ce qu'ils trouvaient, mais les 
seigneurs et leur suite commençaient par manger des rôtis de toutes 
sortes sans rien boire (même pas un verre d'eau). Venaient ensuite 
les poires (le fruit le plus répandu à l'époque), il y en avait de 
nombreuses variétés et elles servaient à la fois de légumes et de 
désaltérant. Ce n'est qu'après que l'on buvait du vin, non pas pour 
épancher sa soif, mais pour y goûter, avec le fromage.

Pourquoi trouve t-on des couteaux à bout ronds ?
Et tout le monde de répondre : pour ne pas que les enfants se blessent !
Faux ! D'abord, il n'y a que depuis très peu de temps que les enfants 
prennent place entière autour de la table, avant ils avaient leur propre 
table (mais sans couteaux)
La vraie raison est ailleurs, Le cardinal de Richelieu irrité que les 
gentilshommes se curent les dents à table avec leur couteau, demanda 
à son coutelier d'arrondir les bouts de ces ustensiles en promulguant 
un édit en 1669.

Pourquoi ne doit-on pas couper la salade avec un couteau ?
Parce que ça ne fait pas distingué ?
Encore une fois derrière le " bon usage " se cachent des raisons 
bassement matérielles, les couteaux étaient souvent en argent, 
or l'argent avec 
le vinaigre ce n'est pas terrible...

A propos du cure-dent...
Considéré par les Romains comme un objet indispensable, 
le cure-dent était en ivoire, en or ciselé ou en argent. 
En France au 17e siècle, il devint très impoli de se curer les dents 
avec un couteau; une personne éduquée se rinçait la bouche avec 
du vin et utilisait un cure-dent, fabriqué dans des bois parfumés 
comme le rosier, le cyprès ou le myrte.
 Il existait des cuillères pliantes dont le bout du manche se dévissait 
et cachait un cure-dent.
A quand remonte l'usage de l'assiette
Le mot "assiette" désignait à l'origine le fait de placer le convive 
assis à table, puis l'action de mettre les plats sur la table, 
enfin le service du repas. Dans l'Antiquité les assiettes plates 
ou creuses étaient en terre cuite, en bois ou en métal, voire 
en pâte de verre moulée. La désignation "assiette" dans 
le sens de la vaisselle individuelle n'apparut qu'au 16e siècle, 
remplaçant l'écuelle, le tranchoir ou tailloir médiéval : 
une plaque circulaire, rectangulaire ou carré, en bois, 
en métal ou en verre, sur laquelle on posait une tranche 
de pain qui absorbait le jus des aliments posés sur le tranchoir. 
L'assiette creuse individuelle (mazarine) fut introduite en 
1653 en France par le cardinal de Mazarin. 
Les premières assiettes, réalisées en étain, en argent ou en or, 
étaient destinés aux nobles et aux rois, tandis que 
le peuple mangeait dans des poteries. 
L'assiette resta un symbole de luxe toutes les pièces 
du service de table; à la fin du 18e siècle, l'assiette appartenait à tous. 
l'assiette plate couverte d'une cloche se développa à partir de 1750.

Depuis quand utilise t-on les couteaux à table ?
En pierre ou en bronze à la préhistoire, le couteau fut en fer 
chez les Celtes et devint fermant chez les Romains. 
Au moyen Age, le couteau était un objet personnel que l'on 
portait à la ceinture ou dans un étui. Il y avait de grands 
couteaux réservés aux écuyers tranchants qui découpaient 
et tranchaient la viande. 
De petits couteaux étroit, le "parepains", servaient à plusieurs 
usages; préparer la tranche de pain du tailloir, piquer la viande 
et la porter à la bouche par le bout pointu de la lame. 
Avec l'apparition de la fourchette pour piquer les aliments, le bout de la lame du couteau s'arrondit peu à peu.
Les couteaux de table ont commencé à se différencier selon 
leur usage au cours du 17e siècle. 
En 1929, l'Econome, couteau éplucheur, fut breveté par Pouzet 
et fabriqué à Thiers.

Quand apparurent les premières carafes ?
Remplaçant l'aiguière, la carafe apparut à la fin du 17e siècle 
et se développa au 19e siècle avec l'usage des verres individuels 
comme le carafon, flacon de champagne. 
Le porte-carafe ou dessous de carafe date du 18e siècle.

D'ou vient l'expression Tchin-Tchin ?
Vous connaissez sans doute l'histoire de cet industriel 
qui après avoir signé un important contrat en Chine, 
honore ses hôtes d'un contrat d'adieu ou l'on sabre 
le champagne et lance à la cantonade un bruyant : "Tchin-Tchin ! " 
Le responsable de la délégation chinoise, après quelques secondes 
d'hésitations lève son verre à son tour en criant : "France ! France !"
Et Oui Tchin- tchin est devenu synonyme de trinquer. 
Pourtant quand on y regarde bien, il y a là une bizarrerie... 
La prochaine fois que vous serez en tète à tête au restaurant, 
trinquez avec votre partenaire ! Et écoutez le bruit ! 
Ça fait Tchin, pas Tchin-Tchin ! Il manque donc un Tchin ! 
Quel est donc ce mystère ?
Et bien voilà, au moyen âge, l'empoisonnement dans la nourriture 
ou dans la boisson était une pratique fort répandue dans certains milieux.
Echanger un peu de son breuvage avec quelqu'un était donc 
en ces temps dangereux un signe de confiance mutuelle. 
Les verres étaient forts remplis de vin ou de bière 
(l'apéritif n'existait pas), et souvent dans des matières solides 
(argent, étain, fer, bois). L'un des 2 buveurs commençait à 
cogner son verre contre l'autre de telle façon qu'une partie 
du liquide s'éclabousse et atteigne l'autre verre (premier Tchin). 
Le second buveur lui rendait bien sûr la politesse (2ème Tchin).
Avec le temps, la confiance entre buveurs est revenue, 
on ne trinque maintenant qu'une seule fois et sans brutalité (Tchin !). 
Il est curieux de constater que pendant les années 70, cette coutume 
à eu tendance à se perdre, remplacée par le lever du verre 
à l'Américaine. Depuis les années 80 la tradition est repartie, 
allez donc savoir pourquoi ! Tchin !

Connaissez-vous l'histoire de la fourchette ?
L'histoire de la diffusion en Europe de la fourchette 
(couvert à dents pointues avec un manche) a pris neuf siècles. 
Au moyen Age, la fourchette n'avait que deux dents et était 
un objet aussi rare que luxueux, avec un manche en cristal 
ou en ivoire. jusqu'au milieu du 17e siècle en France, 
on mangeait avec ses doigts. la fourchette fut introduite 
par la reine Catherine de Médicis, au 16e siècle, et apparut 
à la table de son fils; le roi Henri III. Invité à quelques festins 
de la noblesse vénitienne par le doge, Henri III fut intrigué 
par un ustensile de table qu'il n'avait encore jamais vu: 
un manche finement ouvragé en corne, en ivoire ou en 
ierre dure, prolongé par deux dents effilées. 
Cet accessoire ingénieux qui se nommait "fourchette 
(petite fourche) présentait le double intérêt de piquer 
les viandes plus élégamment qu'avec ses doigts 
ou la pointe d'un couteau, en évitant de tacher 
cette fraise tuyauté et empesée que la mode imposait de 
porter autour du cou.
L'usage de la fourchette pour porter l'aliment de l'assiette 
à la bouche ne s'installa qu'à la fin du 18e siècle.

Et celle de la serviette ?
La serviette nous vient des Romains. Dans l'Antiquité, 
des esclaves portant des aiguières circulaient près des lits 
et versaient sur les mains des convives une eau fraîche 
et parfumée qu'ils essuyaient avec une serviette. 
Au Moyen Age, le "doublier" ou la "longuière", longue 
pièce de toile posée sur les bords de la table, servait à 
tous pour s'essuyer les mains et la bouche. Puis, on utilisait 
la "touaille", toile longue de 4 mètres et pliée en deux sur un 
bâton, accrochée au mur comme un torchon lors des repas, 
que l'on prenait debout. On s'essuyait alors avec la touaille 
ou avec le revers de la main, ou sur son habit.
La véritable serviette fit partie du couvert au 16e siècle en Hollande.

D'où est originaire le mazagran ?
D'une ville algérienne nommée Mazagran. Le 3 février 1840 au poste 
de Mazagran, une centaine de Zouaves résistèrent pendant trois jours 
à un millier d'Arabes, réchauffés par du café brûlant et sucré, 
arrosé d'eau de vie, servi dans un verre à pied. 
Le mazagran ou brûlot, tasse épaisse en forme de verre à pied, 
fut créé par la manufacture de porcelaine de Bourges.

Connaissez vous l'histoire de la nappe ?
La nappe médiévale, placée sur une planche à tréteaux, 
était recouverte d'une pièce de tissu pliée en deux, 
appelée "doublier", destinée à s'essuyer les mains et la bouche. 
Elle fut remplacée par une longue pièce de toile posée 
sur les bords de la nappe : la "longuière". 
Dans la maison du Roi, les nappes étaient conservées 
par un officier qui avait le titre de "garde nappes", 
un des serviteurs les plus importants avec la "lavandière du roi"; 
le linge de maison était aromatisé avec de la lavande 
ou des roses et rangé dans des coffres de bois couverts de cuir, 
cloutés et fermés à clé.
Vers 1850, arrivèrent sur les tables bourgeoises des nappes 
ornées de broderies, de jours, d'application ou d'incrustations. 
Au début du 20e siècle, on assista au triomphe de la broderie 
à trous dite "anglaise" et la richesse d'une demeure s'évaluait 
à l'importance des piles de nappes et de serviettes.

A quand remonte le sandwich ?
Passionné par son jeu de cartes et ne voulant pas quitter sa table 
pour aller déjeuner, lord John Montagu, comte de Sandwich 
(nom donné par son ami l'explorateur James Cook à l'actuel 
archipel des îles Hawaï), son cuisinier lui prépara un en-cas : 
deux tartines de pain beurré avec une tranche de viande au milieu. 
Cela se passait en 1762...

A quelle époque a été inventé le tire-bouchon ?
Son ancêtre servait à extraire une balle du canon d'une arme à feu. 
Le tire-bouchon apparut au 17e siècle selon le principe de la vis sans fin. 
En forme de T, écrou à vis, le tire-bouchon fut breveté en 1795 
par l'anglais Samuel Hershaw.

Quelle est l'origine du mot sommelier ?
Du provençal "saumalier". Au 13e siècle, le sommelier avait 
la charge de conduire les bêtes de somme. 
Ensuite, il se spécialisa, désignant un "officier" chargé 
des services concernant les vivres et le matériel; dans une maison, 
il était chargé de tout ce qui concerne la table; mettre le couvert, 
acheter et fournir le vin, garder le linge et la vaisselle.

Quelle est l'origine du mot "entremets" ?
Au Moyen Age, le repas se déroulait en plusieurs 
services. Au moment du débarrassage, dans les grands repas, 
des artistes, jongleurs, chanteurs et danseurs venaient 
combler le temps mort qui séparait deux services : l'entremets.
Enregistrer un commentaire