lundi 23 mars 2015

Ces petites baies qui nous surprennent

Venues, d’Asie , d’Afrique ou d’Amérique du sud, les baies sont devenues une attraction en France. Pourtant certaines sont consommées dans leur pays depuis la nuit des temps. Pour beaucoup d'entre vous c’est une découverte.

Elles envahissent les rayons fruits et légumes des primeurs, des étals bio se mélangent avec talent aux smoothies et aux muffins des nouvelles sandwicheries à la mode, elles sont belles, élégantes, colorées, et ont des goûts joliment concentrés et équilibrés.

Nouvelles reines des palais elles ont paraît il des qualités nutritionnelles importantes.

Açaí, canneberge, goji, aguaymanto…

Ces noms souvent aux consonances exotiques font lentement mais sûrement leur place dans notre vocabulaire alimentaire. Au détour des étiquettes de boissons « santé » et de barres de céréales, les baies promettent aussi monts et merveilles.




Jus de goji
Descendue de l’Himalaya, la goji rappelle la figue sèche en nettement plus amère. Elle aide à combattre le stress oxydant, mais aussi à lutter contre le vieillissement de l’œil grâce à sa richesse en caroténoïdes.


Atoca
Quant à la canneberge, faut-il encore présenter cette petite baie qui fait craquer les amateurs de cocktails ?, elle a fini par se faire adopter d’un large public pour des raisons pas très glamour : sa réelle efficacité contre les infections urinaires.



Canneberge ou Atoca
Véritable star au Brésil, où elle se déguste notamment en sorbet sur la plage, l’açaí pointe son nez en France dans les smoothies branchés. Sa jolie couleur myrtille et sa saveur intense, presque chocolatée, devraient vite convaincre le plus grand nombre.


Jus de canneberge
La super héroïne de l'alimentation.
Enfin, l’aguaymanto est séchée, puis importée du Pérou pour conquérir nos assiettes grâce à des propriétés, entre autres, relaxantes et un agréable goût acidulé. Nous la connaissions fraîche, sous le nom de physalis ou « amour en cage », sans pour autant avoir la moindre idée de ses talents nutritionnels.


Physalis ou Amour en cage
Depuis une quinzaine d’années, les scientifiques se penchent sur ces petites baies et leurs super pouvoirs » censés doper notre santé. « Ce qui intéresse la recherche, ce sont les antioxydants qu’elles contiennent en grande quantité », explique Thierry Souccar, directeur de la rédaction de LaNutrition.fr et biochimiste de formation. « Ces antioxydants neutralisent les radicaux libres qui abîment notre environnement cellulaire »… et nous font ainsi vieillir.


Acaï ou cerise Acerola
Certes, mais siroter un milk-shake à l’açaí ou à la cerise acérola ne vous fera pas remonter le temps ! Pour bénéficier des antioxydants contenus dans les baies, il faut en manger une assez grande quantité chaque jour. La meilleure solution selon Nicolas Oger, gérant de Fructivia, est de « faire une cure de trois semaines une fois par an ».

Si l’on peut croquer les baies nature, rien ne nous empêche de les cuisiner car « la plupart de leurs éléments actifs résistent très bien à la cuisson », précise Thierry Souccar. À nous donc les biscuits à la canneberge et les gratins à l’aguaymanto… autre nom de la physalis, plus rapide et tout aussi délicieux, une poignée de baies de goji oubliées dans la théière et dégustées quelques heures plus tard, seules ou avec des poires pochées au miel.

Le retour des promeneurs cueilleurs.
Si l’on trouve aujourd’hui facilement des baies de qualité sur Internet ou dans les magasins d’alimentation bio, reste le souci du budget. Affichant des prix entre 50 et 150 € le kilo de fruits séchés, selon la variété et la provenance, elles sont un luxe importé, ce qui n’est pas forcément très écologiquement correct… Sauf si l’on accepte de déplacer un peu son point de vue de consommateur.

« Pourquoi ne pas faire comme nos grands-parents qui revenaient de journées en forêt avec des paniers de plantes et des fruits sauvages ? » se demande Thierry Souccar.

Et bien avant eux, il y a quelques milliers d’années, nos ancêtres chasseurs-cueilleurs se nourrissaient en grande partie de baies.
Suivant ce schéma, Thierry Souccar profite de ses promenades estivales pour ramasser quantité de mûres et de myrtilles : « Les baies sauvages ont plus de qualités nutritionnelles que celles qui sont cultivées, amoindries par la domestication. »

Évidemment, le challenge est plus complexe pour les citadins pressés que nous sommes. Mais alors, il suffit d’acheter quelques grappes de cassis, de groseilles ou encore de se lancer dans une miniculture sur balcon de fraises ou de framboises.
« Le tout finalement est de comprendre qu’il n’est pas nécessaire d’acheter des baies exotiques et compliquées pour aller bien ! » conclut Thierry Souccar.
À bon entendeur…



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